Jeremy Salle

mai 27, 2026

All weather, Bridgewater Associates, Hedge fund, investissement passif, Ray Dalio

Le portefeuille All Weather de Ray Dalio représente l'une des stratégies d'investissement les plus étudiées au monde, mais son adaptation au contexte français soulève des questions spécifiques sur le choix des ETF, la fiscalité et les contraintes réglementaires. Cette stratégie all weather repose sur la parité du risque et vise à offrir des rendements stables dans tous les environnements économiques en répartissant votre capital entre cinq classes d'actifs : 30% actions, 40% obligations longues, 15% obligations intermédiaires, 7,5% or et 7,5% matières premières. Contrairement aux portefeuilles traditionnels 60/40 où les actions dominent le risque total, l'approche de Ray Dalio équilibre la contribution au risque de chaque actif.

Pour l'investisseur moyen en France, la mise en œuvre du portefeuille All Weather nécessite des adaptations pratiques qui tiennent compte des spécificités européennes. Vous devrez sélectionner des ETF libellés en euros, comprendre les implications fiscales du compte-titres ordinaire, et maîtriser les mécanismes de rééquilibrage périodique. Cette gestion passive demande moins d'interventions qu'une approche active, mais exige une discipline rigoureuse dans l'exécution.

Ce guide explore les fondements théoriques du modèle, sa construction pratique avec des ETF disponibles en France, ses performances historiques à travers différents cycles économiques, et les variations possibles selon votre profil d'investisseur. Vous découvrirez comment adapter cette stratégie développée par Bridgewater Associates aux contraintes du marché français tout en préservant sa philosophie originale de diversification équilibrée.

Origines et Philosophie du Modèle All Weather

Ray Dalio a développé le portefeuille All Weather dans les années 1990 chez Bridgewater Associates pour gérer le patrimoine familial selon un principe révolutionnaire : la parité des risques. Cette approche équilibre la contribution au risque de chaque classe d'actifs plutôt que leur poids nominal, permettant une performance stable à travers tous les cycles économiques.

Contexte et naissance chez Bridgewater Associates

Ray Dalio a fondé Bridgewater Associates en 1975, qui est devenu le plus grand hedge fund au monde avec plus de 150 milliards de dollars sous gestion en 2026. L'entreprise gère deux stratégies principales : Pure Alpha (basée sur des prévisions macroéconomiques actives) et All Weather (stratégie passive basée sur la parité des risques).

Le portefeuille All Weather est né d'une contrainte personnelle de Dalio. Il cherchait une solution pour gérer son trust familial sans surveillance quotidienne, nécessitant un portefeuille automatique capable de performer dans tous les environnements économiques.

Tony Robbins a popularisé cette approche auprès du grand public dans son livre "MONEY: Master the Game" en 2014. Dalio lui a partagé les statistiques historiques du portefeuille, rendant accessible une stratégie institutionnelle sophistiquée aux investisseurs particuliers.

Parité des risques et équilibre des actifs

La parité des risques (risk parity) vise à ce que chaque classe d'actifs contribue de façon égale au risque total du portefeuille. Dans un portefeuille traditionnel 60/40, environ 90% du risque provient des 60% en actions à cause de leur forte volatilité, tandis que les 40% d'obligations ne contribuent qu'à 10% du risque.

Dalio a identifié quatre états économiques possibles basés sur deux variables : la croissance et l'inflation. Chaque combinaison (croissance hausse/baisse et inflation hausse/baisse) favorise différentes classes d'actifs.

Le All Weather alloue plus de la moitié du portefeuille aux obligations précisément parce qu'elles sont moins volatiles que les actions. Cette allocation contre-intuitive équilibre la contribution au risque réel de chaque actif, créant une véritable diversification plutôt qu'une simple répartition nominale.

Comparaison avec d'autres portefeuilles célèbres

Le portefeuille All Weather diffère significativement du Portefeuille Permanent créé par Harry Browne. Le Permanent alloue 25% à chacune de quatre classes (actions, obligations longues, or, liquidités), privilégiant une répartition égale en capital plutôt qu'en risque.

Le 60/40 traditionnel concentre la majorité du risque sur les actions, le rendant vulnérable durant les krachs boursiers. Sur 40 ans, l'All Weather a généré environ 8,9% de rendement annualisé avec seulement 7,6% de volatilité, contre 10,5% et 15% de volatilité pour le S&P 500.

Les trois portefeuilles visent la stabilité à travers les cycles économiques, mais l'All Weather se distingue par son approche mathématique de l'équilibre des risques. Cette sophistication le rend plus adapté aux investisseurs cherchant une stratégie institutionnelle éprouvée.

Fondements Économiques : Les Quatre Saisons et la Diversification

La stratégie All Weather repose sur l'identification de quatre environnements économiques distincts qui déterminent la performance des actifs : croissance en hausse, croissance en baisse, inflation en hausse et inflation en baisse. Chaque classe d'actifs du portefeuille réagit différemment selon le régime économique dominant.

Croissance et inflation : impact sur les classes d'actifs

Lorsque la croissance économique accélère, vos actions bénéficient de l'expansion des bénéfices d'entreprises et de la hausse de la demande. Les matières premières profitent également car la production industrielle intensifie la consommation de ressources naturelles. Dans un environnement d'inflation en hausse, l'or préserve son pouvoir d'achat tandis que les obligations nominales perdent de la valeur.

Le portefeuille 4 saisons intègre cette logique en détenant simultanément 30% d'actions et 7,5% de matières premières pour capturer les gains des phases de croissance. Les 7,5% d'or agissent comme protection contre l'érosion monétaire. Cette allocation reconnaît que l'inflation et la croissance évoluent indépendamment l'une de l'autre.

Déflation, récession et stagflation : réactions du portefeuille

En récession ou déflation, vos obligations longue durée (40% du portefeuille) deviennent votre meilleure protection. Les banques centrales baissent leurs taux directeurs, ce qui augmente mécaniquement les prix des obligations existantes à coupons fixes. L'or attire également les capitaux comme valeur refuge.

La stagflation combine inflation élevée et croissance faible. Dans ce scénario difficile, vos matières premières et votre or compensent partiellement les pertes des actions et obligations. Aucun actif ne performe idéalement en stagflation, mais la diversification des actifs limite les dégâts.

Les cygnes noirs restent imprévisibles. Votre allocation de 55% en obligations totales (40% long terme + 15% moyen terme) crée un coussin substantiel lors des krachs boursiers sévères.

Importance de la diversification des actifs

La diversification des actifs dans l'All Weather ne consiste pas simplement à détenir plusieurs classes d'actifs. Vous équilibrez le risque entre les quatre saisons économiques plutôt que le montant investi. Les actions sont environ trois fois plus volatiles que les obligations, ce qui explique la pondération obligataire élevée de 55%.

Votre portefeuille génère ainsi une contribution équilibrée au risque total. Quand une saison sous-performe, les autres compensent. Cette approche réduit considérablement vos drawdowns maximums historiques à 15-20%, contre 40-50% pour un portefeuille 100% actions.

Classes d'actifs par saison économique :

  • Croissance en hausse : actions, matières premières
  • Croissance en baisse : obligations, or
  • Inflation en hausse : or, matières premières
  • Inflation en baisse : actions, obligations

Composition et Répartition du Portefeuille

La stratégie All Weather de Ray Dalio repose sur une répartition atypique où les obligations dominent largement, contrairement aux portefeuilles traditionnels qui privilégient les actions. Cette architecture spécifique vise à équilibrer les risques plutôt que simplement les montants investis.

Répartition par classes d'actifs : actions, obligations, or et matières premières

Le portefeuille 4 saisons se compose de cinq poches distinctes avec des pondérations précises. Vous allouez 30% aux actions mondiales pour capturer la croissance économique à long terme.

La composante obligataire représente 55% du total : 40% en obligations long terme (duration 20+ ans) et 15% en obligations moyen terme. Ces obligations à long terme constituent la pierre angulaire du portefeuille.

Les actifs réels complètent l'allocation avec 7,5% en or physique et 7,5% en matières premières diversifiées. Cette répartition reste fixe quelle que soit la conjoncture économique.

Allocation classique All Weather :

  • Actions mondiales : 30%
  • Obligations à long terme : 40%
  • Obligations intermédiaires : 15%
  • Or : 7,5%
  • Matières premières : 7,5%

Pourquoi la pondération obligataire est dominante

Les obligations dominent ce portefeuille diversifié car elles contribuent autant au risque total que les actions, malgré leur volatilité moindre. Cette approche par parité de risque nécessite une allocation obligataire plus importante en valeur nominale.

Les obligations à long terme offrent une protection efficace lors des phases de ralentissement économique ou de déflation. Leur duration élevée amplifie les gains lorsque les taux d'intérêt baissent, compensant les pertes actions.

Les obligations à moyen terme apportent stabilité et revenus réguliers avec moins de sensibilité aux variations de taux. Vous bénéficiez ainsi d'un équilibre entre rendement et volatilité sur la poche obligataire totale.

All Weather vs portefeuille 60/40 et classiques

Le portefeuille 60/40 traditionnel alloue 60% aux actions et 40% aux obligations, concentrant l'essentiel du risque sur les actions. Votre portefeuille tout terrain inverse cette logique en répartissant équitablement les contributions au risque.

Comparaison des allocations :

Type de portefeuilleActionsObligationsOrMatières premières
All Weather30%55%7,5%7,5%
60/40 classique60%40%0%0%

Ce portefeuille passif intègre or et matières premières pour se protéger contre l'inflation, là où les portefeuilles classiques restent exposés. Votre exposition aux chocs inflationnistes diminue significativement avec cette diversification élargie.

La volatilité du portefeuille All Weather reste généralement inférieure à celle d'un 60/40 grâce à sa construction équilibrée. Vous acceptez un rendement potentiellement plus faible en échange d'une régularité accrue.

Mise en Œuvre avec des ETF en France

Les investisseurs français disposent d'une gamme complète d'ETF éligibles pour répliquer l'allocation All Weather, avec des choix spécifiques selon l'enveloppe fiscale utilisée. La sélection doit tenir compte des contraintes réglementaires du PEA, des frais de courtage et de la disponibilité des produits sur les plateformes françaises.

Sélection des ETF adaptés : actions, obligations, or, matières premières

Pour la composante actions (30%), vous pouvez utiliser l'Amundi MSCI World UCITS ETF (éligible PEA) ou le VWCE (Vanguard FTSE All-World) sur compte-titres. L'Amundi MSCI World présente l'avantage d'être accessible dans un PEA, ce qui optimise la fiscalité sur les plus-values.

La partie obligations (55% au total) nécessite un compte-titres ordinaire puisque les ETF obligataires ne sont pas éligibles au PEA. Pour les obligations long terme (40%), recherchez des ETF comme l'iShares € Govt Bond 20yr Target Duration qui offre une exposition aux obligations d'État de la zone euro avec une duration de 20 ans. Pour les obligations intermédiaires (15%), l'iShares Core Euro Government Bond couvre les échéances 7-10 ans en euros.

L'or (7,5%) se réplique via l'iShares Physical Gold (IGLN) ou Xetra-Gold, deux ETC adossés à de l'or physique et disponibles sur les bourses européennes. Ces produits ne sont pas éligibles au PEA mais offrent une exposition directe au métal précieux.

Pour les matières premières (7,5%), l'Invesco Bloomberg Commodity UCITS ETF ou l'iShares Diversified Commodity Swap (ICOM) donnent accès à un panier diversifié de matières premières via des contrats à terme.

Exemples d'allocations européennes concrètes

Voici une implémentation européenne du portefeuille All Weather avec des ETF disponibles sur Trade Republic ou d'autres courtiers français :

Classe d'actifsAllocationETF recommandéCode
Actions mondiales30%Amundi MSCI World UCITS ETFCW8 (PEA) ou VWCE (CTO)
Obligations long terme40%iShares € Govt Bond 20yrIEGA
Obligations intermédiaires15%iShares Core Euro Govt BondIEAG
Or7,5%iShares Physical GoldIGLN
Matières premières7,5%Invesco Bloomberg CommodityICOM

Sur un capital de 10 000€, cela représente 3 000€ en actions, 4 000€ en obligations longues, 1 500€ en obligations intermédiaires, 750€ en or et 750€ en matières premières. Les frais de courtage sur Trade Republic sont particulièrement compétitifs (1€ par ordre), ce qui facilite le rééquilibrage périodique.

Une variante 100% éligible PEA n'est pas possible en respectant l'allocation originale, car les ETF obligations, or et matières premières n'y sont pas accessibles. Vous pouvez toutefois placer la composante actions dans un PEA et le reste sur compte-titres pour optimiser la fiscalité.

Considérations sur la fiscalité française (PEA, CTO, assurance-vie)

Le compte-titres ordinaire (CTO) reste l'enveloppe la plus adaptée pour une réplication complète du portefeuille All Weather. Il permet d'accéder à l'ensemble des ETF nécessaires sans restriction. Les plus-values sont imposées au prélèvement forfaitaire unique de 30% (12,8% d'impôt + 17,2% de prélèvements sociaux).

Le PEA offre une fiscalité avantageuse après cinq ans de détention (exonération d'impôt sur les plus-values, seuls les prélèvements sociaux de 17,2% s'appliquent). Vous pouvez y loger uniquement la partie actions avec l'Amundi MSCI World ou des ETF actions européennes. Cette stratégie hybride PEA + CTO optimise la fiscalité globale.

L'assurance-vie permet aussi d'investir dans certains ETF, mais la sélection est généralement limitée selon les contrats. Les coûts de transaction et frais de gestion sont souvent plus élevés qu'en compte-titres direct. L'assurance-vie présente néanmoins des avantages fiscaux après huit ans et en matière de transmission.

Pour minimiser les frais de courtage, privilégiez les courtiers comme Trade Republic, Degiro ou Boursorama qui proposent des tarifs réduits sur les ETF. Rééquilibrez annuellement ou via de nouveaux apports pour limiter les événements fiscaux et les coûts de transaction.

Performance Historique et Analyse des Résultats

Le All Weather Portfolio affiche un rendement annualisé de 4,65% en francs suisses sur 26 ans avec une volatilité de 9,93%. Cette stratégie sous-performe le portefeuille 60/40 classique en termes de rendement mais offre une protection supérieure contre les baisses importantes.

Rendements annualisés et volatilité sur différentes décennies

Le portefeuille All Weather a généré un rendement annualisé de 4,65% entre 1999 et 2025, avec une volatilité de 9,93%. Ce ratio de Sharpe de 0,34 révèle une performance ajustée au risque modeste.

La période 2000-2010 a particulièrement favorisé cette allocation grâce à la baisse continue des taux d'intérêt qui a propulsé les obligations longues. Les années 2010-2020 ont confirmé cette dynamique avec des rendements obligataires exceptionnels.

L'année 2022 a marqué un tournant brutal. Le All Weather a perdu 14% lors de la remontée des taux quand actions et obligations ont chuté simultanément. Cette corrélation positive inhabituelle a exposé la principale faiblesse du portefeuille : sa dépendance massive aux obligations (55% de l'allocation totale).

Comportement lors des crises et drawdowns majeurs

Le drawdown maximal du All Weather s'établit à -26,24% sur la période analysée, contre -65,84% pour le S&P 500. Cette résilience constitue son véritable avantage compétitif.

Durant la crise de 2008, le portefeuille a mieux résisté que les indices actions purs grâce à sa forte composante obligataire. Les obligations longues ont progressé quand les actions s'effondraient, illustrant parfaitement le principe de décorrélation recherché.

La crise COVID de 2020 a également validé cette protection. Pendant que les marchés actions plongeaient, votre allocation en or et obligations a amorti le choc. Le rééquilibrage annuel vous aurait alors permis d'acheter des actions à bas prix avec les gains obligataires.

Comparatif avec d'autres stratégies (MSCI World, Permanent Portfolio, Golden Butterfly)

Le MSCI World surpasse nettement le All Weather en rendement pur sur longue période. Vous sacrifiez environ 2% de rendement annualisé en échange d'une volatilité réduite de 40%.

Le Permanent Portfolio d'Harry Browne partage la même philosophie quatre saisons mais avec 25% dans chaque classe d'actifs. Cette égalité stricte simplifie le rééquilibrage et évite la surpondération obligataire du All Weather.

Le Golden Butterfly représente une alternative hybride qui alloue davantage aux actions (40%) tout en conservant la protection de l'or et des obligations courtes. Cette stratégie génère historiquement des rendements supérieurs au All Weather avec une volatilité comparable.

Rééquilibrage et Suivi du Portefeuille

Le rééquilibrage maintient votre allocation cible et préserve l'équilibre des risques fondamental du portefeuille All Weather. Sans intervention régulière, les variations de prix transforment progressivement votre répartition initiale et compromettent la diversification entre régimes économiques.

Principe du rééquilibrage périodique

Le rééquilibrage consiste à ramener chaque classe d'actifs à son poids cible lorsque les mouvements de marché créent des écarts. Quand les actions progressent fortement, votre exposition peut passer de 30% à 35% ou plus, augmentant la contribution au risque actions et réduisant la protection lors de corrections.

La logique de parité de risque exige que chaque classe d'actifs contribue équitablement au risque total. Un poids actions excessif rompt cet équilibre et vous expose davantage aux chocs boursiers.

Le rééquilibrage évite le market timing. Vous vendez mécaniquement les actifs surperformants et achetez les sous-performants selon des règles fixes, pas selon vos anticipations économiques. Cette discipline contrarian génère un rendement de rééquilibrage en capturant systématiquement les écarts de valorisation.

Échéances recommandées : rééquilibrage annuel ou semestriel

La plupart des investisseurs optent pour un rééquilibrage annuel ou semestriel. Cette fréquence offre un bon compromis entre maintien de l'allocation et limitation des frais de transaction.

Deux approches pratiques :

  • Calendrier fixe : rééquilibrez chaque 1er janvier ou tous les 1er janvier et 1er juillet
  • Seuils de dérive : intervenez quand une classe d'actifs s'écarte de plus de 5 points de pourcentage de sa cible

Privilégiez le rééquilibrage via nouveaux apports plutôt que par ventes. Dirigez vos versements mensuels vers les classes d'actifs sous-pondérées. Cette méthode minimise les événements fiscaux tout en restaurant progressivement votre répartition du risque cible.

Effets sur le rendement et maîtrise des risques

Le rééquilibrage périodique améliore le couple rendement-risque sur le long terme. Il force la vente partielle des actifs devenus chers et l'achat de ceux temporairement dépréciés, générant un effet de mean reversion.

Sans rééquilibrage, votre portefeuille dérive vers une concentration excessive dans les actifs les plus performants. Cette dérive augmente la volatilité et les drawdowns potentiels, érodant précisément les avantages défensifs recherchés avec l'All Weather.

Le rééquilibrage maintient la répartition du risque entre les quatre saisons économiques. Votre exposition aux obligations, or et matières premières reste suffisante pour compenser les pertes actions durant les phases de croissance négative ou d'inflation élevée.

L'impact fiscal constitue la principale contrainte. Sur un compte-titres ordinaire, chaque vente déclenche l'imposition des plus-values. L'enveloppe assurance-vie permet un rééquilibrage sans fiscalité immédiate, rendant cette stratégie plus efficiente pour les investisseurs français.

Avantages, Limites et Adaptations Pratiques en France

Le portefeuille All Weather adapté aux investisseurs français présente des caractéristiques distinctes en matière de préservation du capital et de gestion passive, mais son efficacité dépend des conditions macroéconomiques et de votre capacité à optimiser la fiscalité française.

Atouts pour la préservation du capital et l'aversion au risque

Cette stratégie passive convient particulièrement si vous recherchez une gestion passive avec une forte aversion au risque. La répartition entre actions (30%), obligations (55%) et actifs tangibles (15%) crée un équilibre où chaque classe d'actif réagit différemment aux chocs économiques.

La poche obligataire de 55% agit comme stabilisateur principal. Les obligations long terme offrent une protection pendant les phases de ralentissement économique, tandis que l'or physique et les matières premières servent de valeur refuge en cas de turbulences.

Pour les investisseurs français avec une forte aversion au risque, cette approche limite les variations extrêmes. Contrairement à un portefeuille 100% actions qui peut perdre 30-40% en phase baissière, le All Weather vise une volatilité annuelle autour de 7-10%. Vous bénéficiez d'une exposition diversifiée sans nécessiter d'ajustements tactiques fréquents, ce qui correspond parfaitement à une stratégie passive.

Limites en période de hausse des taux ou d'inflation

La principale faiblesse du portefeuille apparaît lors d'une hausse des taux simultanée avec l'inflation. En 2022, le All Weather a perdu environ 14% en raison de la corrélation inhabituellement positive entre actions et obligations.

Lorsque les banques centrales relèvent les taux pour combattre l'inflation, vos obligations long terme subissent des pertes importantes. Une hausse de 1% des taux peut entraîner une baisse de 15-20% sur des obligations à 20+ ans de maturité. Dans ce scénario, la protection contre l'inflation via l'or et les matières premières (seulement 15% du portefeuille) ne compense pas les pertes obligataires massives.

Les produits de base réagissent positivement à l'inflation, mais leur faible pondération limite leur impact. Certains investisseurs français ajoutent des SCPI (5-10%) pour renforcer la protection contre l'inflation via l'immobilier, bien que cela s'écarte de l'allocation originale.

Astuces pour optimiser la fiscalité et réduire les coûts

Vous devez privilégier les ETF capitalisants pour minimiser l'impact de la flat tax de 30%. Les ETF distribuants génèrent des coupons obligataires imposés annuellement, tandis que les versions capitalisantes reportent la taxation jusqu'à la vente.

Optimisations fiscales pratiques :

  • Compte-titres ordinaire : Utilisez des ETF capitalisants (Acc) pour toutes les poches
  • PEA limité : La plupart des ETF monde ne sont pas éligibles, mais vous pouvez loger des ETF actions européennes si vous adaptez l'allocation
  • Rééquilibrage : Privilégiez les nouveaux versements vers les poches sous-pondérées plutôt que de vendre (évite la flat tax)
  • Courtiers sans frais : Trade Republic, Scalable Capital ou DEGIRO proposent certains ETF sans frais de transaction

Pour réduire les coûts, sélectionnez des ETF avec un TER inférieur à 0,25%. Les versions non couvertes en EUR évitent le coût de couverture de change de 1-2% annuel. Rééquilibrez uniquement au-delà de 5% d'écart par rapport aux cibles pour limiter les frictions fiscales et transactionnelles.

Alternatives et Variations pour l'Investisseur Français

Le portefeuille All Weather standard peut être adapté selon vos contraintes fiscales, votre tolérance au risque, et vos préférences d'investissement. Plusieurs variations permettent d'intégrer des actifs spécifiquement français ou de personnaliser votre allocation d'actifs.

Adaptation avec d'autres allocations ou portefeuilles modèles

Vous pouvez modifier les proportions du portefeuille 4 saisons pour l'adapter à votre situation. Une version plus défensive réduirait les actions à 20% et augmenterait les obligations à 60%, créant un portefeuille moins volatil mais aux rendements potentiellement plus faibles.

Le portefeuille permanent de Harry Browne représente une alternative intéressante : 25% actions, 25% obligations long terme, 25% or, 25% cash. Cette répartition égale simplifie le rééquilibrage et offre une protection maximale contre tous les scénarios économiques.

Vous pouvez également créer une stratégie d'investissement hybride combinant 60% All Weather et 40% portefeuille croissance (80/20 actions/obligations). Cette approche offre plus de potentiel de rendement tout en conservant une base défensive solide.

Inclure l'immobilier ou la SCPI

L'ajout de SCPI à votre portefeuille renforce la diversification avec un actif tangible générant des revenus réguliers. Vous pouvez intégrer 10-15% de SCPI en réduisant proportionnellement les autres poches.

Les SCPI présentent plusieurs avantages : rendements de 4-6% annuels, protection partielle contre l'inflation, et décorrélation avec les marchés financiers. Leurs inconvénients incluent des frais d'entrée de 8-12%, une liquidité limitée, et une fiscalité moins avantageuse que les plus-values d'ETF.

Pour une exposition immobilière plus liquide, vous pouvez utiliser des ETF immobiliers cotés (REIT) qui remplacent ou complètent les SCPI. Ces véhicules offrent une liquidité quotidienne et des frais inférieurs à 0,40%.

Combiner ETF et fonds actifs pour personnalisation

Vous pouvez remplacer certains ETF par des fonds actifs pour rechercher de l'alpha sur des segments spécifiques. La poche obligations offre le meilleur potentiel : des gérants spécialisés en obligations convertibles ou high yield peuvent surperformer les indices.

Cette approche hybride conserve les ETF pour les actifs efficients (actions mondiales, or physique) et utilise des fonds actifs pour les niches. Les frais augmentent de 0,50-1,50% sur les poches concernées, ce qui nécessite une surperformance régulière pour justifier le coût.

Privilégiez les fonds actifs accessibles via l'assurance-vie ou le PEA pour optimiser la fiscalité. Cette stratégie convient aux investisseurs recherchant plus de contrôle sur leur allocation d'actifs sans abandonner complètement la gestion passive.

A VOUS DE JOUER : Cet article vous a plu ? Commentez le, partagez le et n’oubliez pas de vous inscrire à la newsletter pour recevoir les derniers articles ainsi que “le guide de la liberté financière” pour commencer à créer des sources de revenus. Pour ne rien manquer des actualités Finances Indépendantes, vous pouvez vous abonner à nos réseaux sociaux : Notre page Facebook, notre Chaîne Youtube, notre twitter, notre instagram, notre page Linkedin.