La concurrence pure et parfaite

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La Concurrence Pure et Parfaite (CPP) correspond à la théorie néo-classique de formation des prix élaborée au 19ème siècle et est définie par une structure de marché “parfaite” c’est à dire par :

L’atomicité de l’offre et de la demande (le marché)

Cela signifie qu’il existe un grand nombre d’agents économiques, aussi bien du côté de l’offre que du côté de la demande, et qu’aucun d’entre eux ne dispose sur le marché d’une dimension ou d’une puissance suffisante pour exercer une action quelconque sur la production et sur le prix considéré. Il n’y a donc pas de situation de monopole (= une grande partie du marché est détenue par un seul acteur économique comme ce fut le cas avec des entreprises d’Etat comme La Poste pour l’envoi de courrier ou la SNCF pour le transport de personnes et de marchandises) ou d’oligopole (= une grande partie du marché est partagée entre quelques acteurs économiques comme dans la téléphonie en France avec Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom).

L’homogénéité du produit

Cela suppose que toutes les entreprises livrent des produits et services que les acheteurs jugent identiques ou homogènes ; ils n’ont pas de raison de préférer le produit d’une firme au produit d’une autre firme. Le choix de l’acheteur n’est ainsi guidé que par le prix. Par exemple 2 nouveaux téléphones portable, l’un produit par Sony, l’autre par Samsung. Ces 2 téléphones sont identiques (même capacité de mémoire, même processeur, même nombre de pixels pour l’appareil photo,…) et seul leur prix (et du coup leur marque aussi) permet de les différencier.

La liberté d’entrer et de sortir du marché

Cela signifie que quiconque veut s’adonner à une certaine production peut le faire sans restriction ni délai, pénétrer sur le marché et ainsi concurrencer ceux qui s’y trouvent déjà. Les firmes qui composent l’industrie ne peuvent s’opposer à l’arrivée de concurrents. On a par exemple déjà vu ce cas de figure en France avec l’arrivée de Free sur le marché de la téléphonie.

La transparence de l’information

Cela suppose que les offreurs et les demandeurs soient parfaitement informés des caractéristiques des produits et des prix auxquels ils sont proposés. La parfaite connaissance de tous les facteurs significatifs du marché empêche ainsi que certains profitent d’une information particulière pour manipuler le marché.

La libre circulation des facteurs de production

cela signifie que le capital et le travail doivent pouvoir se déplacer librement à la recherche de la meilleure opportunité de rémunération. Cela suppose donc la libre circulation des capitaux dans le monde ainsi que l’ouverture des frontières aux flux migratoires. C’est un peu ce que permet la création de zones économiques comme l’Union Européenne. Les 3 premières conditions définissent la concurrence “pure”, c’est-à-dire pure de tout élément de monopole ; Les 2 suivantes définissent la concurrence parfaite et l’ensemble des 5 conditions définissent la concurrence “pure et parfaite”. Toutes ces conditions partent du principe que l’agent économique est rationnel. Les marchés financiers sont souvent cités comme étant les marchés sur lesquels la concurrence se rapproche le plus de cette concurrence pure et parfaite. Néanmoins, il existe des failles comme en attestent les différentes affaires de délit d’initié (Mathew Martoma chez SAC Capital sur des médicaments destinés à lutter contre la maladie d’Alzheimer à la fin des années 2000 ou encore David Zilkha sur le point de quitter Microsoft pour un hedge funds qui donne une information à son futur patron).

Limites et intérêt du modèle de la Concurrence Pure et Parfaite (CPP)

L’économie est un ensemble dont les éléments sont tous interdépendants. On va donc passer progressivement de l’équilibre sur un marché à l’équilibre de l’ensemble de l’économie, autrement dit, l’équilibre général. Le modèle de cet équilibre général énonce les hypothèses nécessaires pour que le marché fonctionne parfaitement, c’est-à-dire comme si une force conduisait des agents, régis par leurs intérêts particuliers, à réaliser, sans le rechercher, l’intérêt collectif (une sorte de “main invisible” qui les guiderait, selon la métaphore d’Adam Smith). Cela implique que les agents économiques soient rationnels, qu’ils ne peuvent pas manipuler les prix ni procéder entre eux à aucun échange direct.

A lire aussi: Les investissements directs étrangers (IDE) et Qu’est-ce qu’une pyramide de Ponzi

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