Investir en bourse, c’est acheter des parts d’entreprises (des actions) ou de paniers d’entreprises (des ETF) pour profiter de leur croissance et de leurs dividendes. En pratique, cela tient en quatre gestes : ouvrir une enveloppe fiscale (PEA, compte-titres ou assurance-vie) chez un courtier, choisir ce que vous achetez, investir régulièrement et garder vos placements au moins 5 à 8 ans.
Le reste, c’est de la méthode : savoir combien investir, quoi acheter, comment passer un ordre, comment réagir quand les marchés baissent et combien vous paierez d’impôts. Ce guide reprend tout, étape par étape, avec les règles fiscales en vigueur en 2026.
En résumé
- Commencez par une épargne de précaution de 3 à 6 mois de dépenses : la bourse, c’est pour l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant 5 ans au moins.
- Le PEA est l’enveloppe la plus avantageuse pour débuter : après 5 ans, vos gains ne supportent plus que 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 31,4 % sur un compte-titres.
- Un ETF World permet d’acheter plus de 1 000 entreprises en une seule ligne, à faibles frais.
- Investir chaque mois une somme fixe (DCA) lisse les points d’entrée et évite de chercher le « bon moment ».
- La bourse monte sur le long terme, mais elle peut perdre 30 % ou plus en quelques mois : votre horizon de placement est votre meilleure protection.
1. La bourse, comment ça marche ?
La bourse est un marché où s’échangent des titres financiers : des actions, des obligations, des ETF. Quand une entreprise entre en bourse, elle vend une partie de son capital pour se financer. Ensuite, ses actions passent de main en main entre investisseurs, à un prix qui varie chaque seconde selon l’offre et la demande. Il existe d’ailleurs plusieurs marchés financiers, du marché des actions à celui des devises.
Action, obligation, ETF : les trois briques de base
- Une action est une part du capital d’une entreprise. Elle vous rapporte de deux façons : la hausse de son cours (la plus-value) et le versement d’une partie des bénéfices (le dividende).
- Une obligation est un prêt à une entreprise ou à un État, remboursé à une date fixée, avec des intérêts. Moins risquée qu’une action, elle rapporte en général moins. Voir les différences entre actions et obligations.
- Un ETF (ou tracker) est un fonds coté qui réplique un indice. Acheter un ETF CAC 40, c’est acheter d’un coup les 40 plus grandes entreprises françaises.
Les indices, thermomètres des marchés
Un indice mesure l’évolution d’un groupe d’actions. Le CAC 40 suit les 40 plus grandes capitalisations de la Bourse de Paris, le S&P 500 les 500 plus grandes entreprises américaines, et le MSCI World environ 1 250 entreprises de 23 pays développés, dont près de 73 % américaines fin septembre 2026. Pour aller plus loin : les principaux indices boursiers dans le monde.
Ce qui rapporte vraiment : les dividendes réinvestis
On juge souvent la bourse à son indice « de prix », qui ignore les dividendes. C’est trompeur. Selon l’AMF, de 1988 à 2003, les grandes actions françaises ont rapporté en moyenne 7,4 % par an après inflation dividendes réinvestis, contre 4 % pour l’indice seul. Corrigé de l’inflation, le CAC 40 « de prix » n’a d’ailleurs jamais retrouvé son sommet de l’an 2000, alors que sa version dividendes réinvestis l’a dépassé dès 2007. Réinvestir vos dividendes est donc l’un des leviers les plus puissants de votre performance.
2. Avant d’investir : les 4 prérequis
La bourse est un excellent placement à long terme, à condition de ne jamais être obligé de vendre au mauvais moment. Avant de passer votre premier ordre, vérifiez ces quatre points.
- Une épargne de précaution en place. Gardez 3 à 6 mois de dépenses sur des livrets disponibles : Livret A, LDDS, LEP si vous y avez droit. C’est elle qui paie la voiture en panne, pas votre portefeuille.
- Pas de dette coûteuse. Rembourser un crédit à la consommation à 8 % est un placement garanti à 8 % : aucun investissement en bourse ne vous offre cette certitude.
- Un horizon d’au moins 5 ans, idéalement 8 ou plus. Sur un an, la bourse peut perdre un tiers de sa valeur. Sur 15 ou 20 ans, les marchés ont jusqu’ici fini par effacer leurs baisses, mais il faut parfois de la patience : le CAC 40 dividendes réinvestis a mis 7 ans à retrouver son sommet de l’an 2000. L’argent dont vous aurez besoin dans 2 ans n’a rien à faire en actions.
- Un profil de risque connu. Demandez-vous honnêtement : si mon portefeuille perd 30 % en six mois, est-ce que je vends ? Votre réponse fixe la part d’actions que vous pouvez supporter. Notre guide de l’allocation d’actifs selon votre profil de risque vous aide à la déterminer.
Dernier prérequis, souvent négligé : prendre le temps de vous former. Investir sur une rumeur, un conseil de forum ou un effet de mode est la première cause de pertes chez les débutants. Lisez aussi les 6 erreurs à éviter quand on débute en bourse.
Définir vos objectifs
Un objectif donne un horizon, et l’horizon donne la stratégie.
| Objectif | Horizon | Part d’actions envisageable |
| Apport immobilier, projet proche | Moins de 3 ans | Aucune : restez sur les livrets |
| Projet à moyen terme (études des enfants, travaux) | 5 à 8 ans | Modérée, avec des obligations ou des fonds en euros |
| Retraite, indépendance financière, transmission | 10 ans et plus | Élevée, selon votre tolérance aux baisses |
3. Investissement long terme ou trading : choisissez votre camp
Ce guide parle d’investissement, pas de trading. La différence n’est pas une question de vocabulaire.
| Investissement long terme | Trading | |
| Durée de détention | Des années | De quelques minutes à quelques semaines |
| Source du gain | Croissance des entreprises, dividendes | Variations de cours |
| Temps nécessaire | Quelques heures par an | Plusieurs heures par jour |
| Frais et fiscalité | Faibles | Élevés (allers-retours fréquents) |
| Risque | Modéré si diversifié | Élevé ; la majorité des particuliers y perdent de l’argent |
Le trading est un métier à part entière. Si vous voulez vous y essayer, faites-le avec une petite partie de votre capital et après vous être formé : voir 4 stratégies de trading. Pour l’investisseur, la référence reste la stratégie du buy and hold : acheter de bonnes entreprises et les garder.
4. Choisir son enveloppe : PEA, compte-titres, assurance-vie ou PER
L’enveloppe est le « contenant » de vos placements. Elle ne change pas ce que vous achetez, mais elle change ce que vous paierez d’impôts. C’est donc le premier choix à faire.
| PEA | Compte-titres (CTO) | Assurance-vie | PER | |
| Plafond de versements | 150 000 € (225 000 € avec le PEA-PME) | Aucun | Aucun | Aucun (déduction fiscale plafonnée) |
| Ce qu’on peut y mettre | Actions européennes et ETF éligibles PEA, dont des ETF World | Tout : actions du monde entier, ETF, obligations, produits complexes | Fonds en euros et unités de compte (ETF, fonds, parfois actions) | Fonds et ETF, en gestion libre ou pilotée |
| Fiscalité des gains en 2026 | 31,4 % avant 5 ans ; après 5 ans, exonéré d’impôt, 18,6 % de prélèvements sociaux | 31,4 % (flat tax) chaque année sur les dividendes et les plus-values réalisées | 17,2 % de prélèvements sociaux + 7,5 % ou 12,8 % d’impôt après 8 ans, au-delà d’un abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) | Versements déductibles du revenu imposable ; à la sortie, impôt sur les versements et 31,4 % sur les gains |
| Disponibilité | Un retrait avant 5 ans clôture le plan (sauf exceptions) | Totale | Totale (rachat) | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé |
| Idéal pour | Débuter et investir sur le long terme | Les actions américaines, les REIT, la diversification mondiale | Diversifier, transmettre son patrimoine | Réduire ses impôts si vous êtes fortement imposé |
Le PEA : l’enveloppe à ouvrir en premier
Le plan d’épargne en actions est réservé aux résidents fiscaux français majeurs, à raison d’un par personne. Ouvrez-le le plus tôt possible, même avec quelques euros : c’est la date du premier versement qui lance le compteur des 5 ans.
Après 5 ans, vous pouvez faire des retraits partiels sans fermer le plan, et vos gains ne supportent plus que les prélèvements sociaux, à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Ce taux s’applique à tous les gains retirés depuis cette date, y compris ceux accumulés les années précédentes. Les 18-25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents peuvent ouvrir un PEA Jeunes, plafonné à 20 000 €. Pour comparer en détail : PEA ou compte-titres, lequel choisir en 2026 ? Et pour aller au-delà du plafond : le PEA-PME.
Le compte-titres : pour tout ce que le PEA ne permet pas
Le compte-titres ordinaire n’a ni plafond ni restriction géographique, mais aucun avantage fiscal : dividendes et plus-values réalisées sont taxés à 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux). Si votre taux marginal d’imposition est de 0 % ou 11 %, l’option pour le barème progressif peut être plus intéressante : elle donne droit à un abattement de 40 % sur les dividendes, mais elle s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux de l’année. Les moins-values sont reportables pendant 10 ans.
L’assurance-vie : la grande gagnante de 2026
L’assurance-vie a échappé à la hausse de la CSG : ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux. Après 8 ans, elle offre en plus un abattement annuel de 4 600 € sur les gains retirés (9 200 € pour un couple) et une fiscalité très favorable en cas de décès. Choisissez un contrat avec des frais sur versements nuls et un large choix d’ETF. Pour trancher entre les deux enveloppes : assurance-vie ou PEA, le comparatif 2026.
Le PER : un outil fiscal avant tout
Le plan d’épargne retraite permet de déduire vos versements de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond. Plus votre tranche d’imposition est élevée, plus l’avantage est fort. En contrepartie, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf achat de la résidence principale et quelques accidents de la vie. Voir PER ou assurance-vie : lequel choisir en 2026 ?
Dans quel ordre ? Pour la plupart des débutants : un PEA d’abord, une assurance-vie ensuite pour diversifier et préparer la transmission, un compte-titres quand vous voulez des actions hors d’Europe, et un PER si votre tranche marginale d’imposition atteint 30 % ou plus. Notre article quel support pour investir en bourse ? détaille chaque enveloppe.
5. Choisir son courtier
Le courtier, ou intermédiaire financier, est l’établissement qui tient votre compte et exécute vos ordres. Il peut s’agir de votre banque, d’une banque en ligne ou d’un courtier spécialisé. À placements identiques, les frais peuvent varier du simple au décuple. Notre comparatif du meilleur PEA 2026 passe les principales offres en revue.
Les 6 critères à comparer
- Les frais de courtage, facturés à chaque ordre. Si vous investissez 200 € par mois, des frais fixes de 5 € par ordre vous coûtent 2,5 % de chaque versement. Privilégiez des frais proportionnels faibles, ou des ordres gratuits sur les ETF.
- Les droits de garde et frais de tenue de compte, devenus rares chez les courtiers en ligne.
- Les frais de change, si vous achetez des actions en dollars sur un compte-titres.
- Le catalogue : ETF éligibles PEA, marchés étrangers, actions fractionnées, plans d’investissement programmés.
- La régulation : le courtier doit être agréé par l’ACPR ou par un régulateur européen. Vérifiez-le sur le registre REGAFI, et consultez la liste noire de l’AMF avant de confier votre argent à un acteur inconnu.
- La protection de vos avoirs : vos titres sont séparés du bilan du courtier et restent votre propriété même en cas de faillite. En dernier recours, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) indemnise jusqu’à 70 000 € pour les titres et 70 000 € pour les espèces (100 000 € si l’intermédiaire est une banque).
N’oubliez pas la taxe sur les transactions financières : depuis le 1er avril 2025, l’achat d’une action d’une société française de plus de 1 milliard d’euros de capitalisation est taxé à 0,4 %. Les ETF en sont exonérés. Pour la marche à suivre pas à pas, voir comment acheter des actions en ligne.
6. Sur quoi investir : ETF, actions ou les deux ?
Pour un débutant, la réponse la plus solide tient en une phrase : un ou deux ETF larges pour le cœur du portefeuille, et quelques actions choisies si vous aimez l’exercice. Le match complet est ici : ETF ou actions, quel investissement choisir pour débuter ?
Les ETF : la diversification en une seule ligne
Un ETF réplique un indice, sans gérant qui choisit les titres. Résultat : des frais annuels souvent compris entre 0,1 % et 0,5 %, contre 1,5 % à 2 % pour un fonds géré activement, et une diversification immédiate. Avec un ETF World, vous détenez environ 1 250 entreprises de 23 pays en un seul achat. Découvrez pourquoi investir dans les ETF en 2026.
Pour choisir un ETF, regardez dans l’ordre :
- L’indice suivi : MSCI World, MSCI ACWI (avec les pays émergents), S&P 500, Stoxx Europe 600… Voir notre comparatif ETF World, MSCI World ou S&P 500.
- Les frais courants (TER), indiqués dans le document d’informations clés.
- L’éligibilité à votre enveloppe : les ETF World éligibles au PEA utilisent une réplication dite synthétique, qui permet de suivre un indice mondial tout en respectant les règles du plan.
- Capitalisant ou distribuant : un ETF capitalisant réinvestit les dividendes automatiquement, un ETF distribuant vous les verse. Sur un compte-titres, le capitalisant évite d’être imposé chaque année sur les dividendes. Exemples : 5 ETF distribuants pour votre PEA et 5 ETF capitalisants pour votre CTO.
- L’encours : plus il est élevé, plus l’ETF est liquide et pérenne.
Bon à savoir : les anciens ETF Lyxor ont été rebaptisés Amundi après le rachat de Lyxor par Amundi. Si un article ou un forum cite un « Lyxor PEA Monde », cherchez son équivalent Amundi.
Les actions individuelles : plus de travail, plus de contrôle
Acheter des actions en direct vous permet de choisir vos entreprises et de viser un objectif précis : des revenus réguliers, de la croissance, des valeurs décotées. En contrepartie, il faut les analyser, les suivre et accepter qu’une seule entreprise puisse s’effondrer. Pour savoir quelles actions acheter, commencez par identifier le type d’action qui correspond à votre objectif.
| Type d’action | Ce que vous cherchez | Exemples de secteurs |
| Croissance | Une forte hausse des bénéfices, peu ou pas de dividendes | Technologie, santé innovante |
| Value (décotée) | Une entreprise cotée sous sa valeur estimée | Banques, industrie, énergie |
| Dividendes | Des revenus réguliers et croissants | Services aux collectivités, consommation de base, foncières |
| Défensive | Une activité stable même en récession | Alimentation, santé, énergie |
| Cyclique | Profiter des reprises économiques | Automobile, luxe, matériaux |
Visez au moins 15 à 20 lignes réparties sur plusieurs secteurs et pays, et ne mettez pas plus de 5 à 10 % de votre portefeuille sur une seule entreprise. Si les revenus vous intéressent, lisez notre guide pour générer un revenu passif avec les dividendes et notre liste 2026 des dividendes aristocrates et kings. Pour la croissance, regardez du côté des small caps européennes.
L’approche cœur-satellite : le meilleur des deux
C’est l’organisation la plus simple à tenir dans la durée :
- Le cœur, 70 à 90 % du portefeuille : un ETF World (ou un ETF World + un ETF Europe), alimenté chaque mois, auquel vous ne touchez pas.
- Les satellites, 10 à 30 % : des actions que vous avez choisies, un ETF thématique ou des valeurs à dividendes.
Même si vos satellites déçoivent, le cœur suit le marché mondial. C’est le principe de la stratégie 70/30.
7. Construire sa stratégie d’investissement
Une stratégie, c’est trois décisions prises à l’avance : combien d’actions, à quel rythme investir, et quand rééquilibrer. Les prendre à froid vous évite de les prendre sous le coup de l’émotion.
Trois exemples de portefeuilles selon votre profil
| Profil | Actions (ETF + titres) | Fonds en euros, obligations | Liquidités | Pour qui |
| Prudent | 30 % | 60 % | 10 % | Horizon de 5 ans, forte aversion aux baisses |
| Équilibré | 60 % | 35 % | 5 % | Horizon de 8 à 10 ans |
| Dynamique | 90 % | 10 % | 0 % | Horizon de 15 ans et plus, épargne de précaution déjà constituée |
Ces répartitions sont des points de départ pédagogiques, pas des conseils personnalisés. La part d’actions se réduit souvent à mesure que l’objectif approche. Pour comprendre chaque poche, lisez les classes d’actifs ; pour un portefeuille conçu pour tous les climats économiques, voir le portefeuille All Weather de Ray Dalio.
Investir chaque mois : la force du DCA
Le DCA (dollar cost averaging) consiste à investir la même somme à intervalle régulier, quel que soit le niveau du marché. Quand les cours baissent, votre versement achète plus de parts ; quand ils montent, il en achète moins. Vous lissez ainsi votre prix de revient et vous n’avez jamais à deviner le « bon moment ».
Si vous disposez déjà d’une grosse somme, l’investir d’un coup fait souvent mieux sur le long terme, car les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent. Mais l’étaler sur 6 à 12 mois limite le risque de tout investir juste avant une chute, et le regret qui va avec.
Diversifier sur quatre axes
- Les titres : pas plus de 5 à 10 % sur une seule entreprise.
- Les secteurs : technologie, santé, finance, industrie, consommation… Voir les 11 secteurs d’activité pour diversifier.
- Les zones géographiques : Europe, États-Unis, Asie, pays émergents.
- Les devises : un portefeuille 100 % euro dépend d’une seule économie.
La diversification est votre meilleur bouclier contre les aléas du marché.
Rééquilibrer une fois par an
Avec le temps, la poche qui a le plus monté prend trop de place et votre portefeuille devient plus risqué que prévu. Une fois par an, ou dès qu’une poche s’écarte de plus de 5 points de sa cible, rééquilibrez votre portefeuille en ramenant chaque poche à son poids initial, de préférence en orientant vos nouveaux versements plutôt qu’en vendant. Retrouvez aussi 7 règles pour bien gérer son portefeuille boursier.
8. Passer ses premiers ordres
Un ordre de bourse est une instruction donnée à votre courtier : acheter ou vendre tel titre, en telle quantité, à telles conditions. À Paris, Euronext cote les actions en continu de 9 h à 17 h 30, avec un fixing de clôture à 17 h 35. Les ordres passés le soir ou le week-end attendent l’ouverture suivante, dans le carnet d’ordres.
| Type d’ordre | Fonctionnement | Quand l’utiliser |
| À cours limité | Vous fixez un prix maximum à l’achat (minimum à la vente) | Le réflexe par défaut : vous savez exactement ce que vous payez |
| Au marché | Exécuté immédiatement, au meilleur prix disponible | Titres très liquides seulement ; dangereux sur les petites valeurs |
| À seuil de déclenchement (stop) | Devient un ordre au marché quand le cours franchit un seuil | Limiter une perte ou protéger un gain |
| À plage de déclenchement | Comme le stop, mais avec un prix limite | Même usage, sans risque d’exécution à un prix aberrant |
Exemple. Un ETF cote 50 €. Vous passez un ordre d’achat de 4 parts à cours limité à 50,20 €, valable jusqu’à la fin du mois. Il sera exécuté dès qu’un vendeur acceptera 50,20 € ou moins. Si le cours s’envole à 52 €, l’ordre attend : vous ne payez jamais plus que prévu. Pour les ordres de protection, voir qu’est-ce qu’un ordre stop ?
Après chaque achat, suivez votre prix de revient unitaire (PRU) : c’est votre coût moyen d’achat par titre, frais compris, et c’est lui qui détermine votre plus-value.
9. Analyser une action avant de l’acheter
Si vous investissez uniquement en ETF, vous pouvez passer cette section. Pour les actions en direct, deux approches complémentaires existent.
L’analyse fondamentale : la valeur de l’entreprise
L’analyse fondamentale répond à une question : l’entreprise est-elle solide, et son action est-elle cotée à un prix raisonnable ? Voici les ratios à regarder en premier.
| Ratio | Ce qu’il mesure | Ce qu’on cherche en général |
| PER (cours / bénéfice par action) | Le nombre d’années de bénéfices que vous payez | Le comparer au secteur et à l’historique de l’entreprise |
| Croissance du bénéfice par action | La dynamique de l’entreprise | Une hausse régulière sur 5 à 10 ans |
| Rendement du dividende | Le dividende rapporté au cours | Méfiance au-delà de 7 à 8 % : le marché anticipe souvent une baisse |
| Taux de distribution | La part du bénéfice versée en dividende | En général sous 60 à 70 %, hors foncières |
| Dette nette / EBITDA | Le nombre d’années pour rembourser la dette | Souvent sous 2 à 3 fois, selon le secteur |
| Rentabilité des capitaux propres (ROE) | L’efficacité de l’entreprise | Durablement au-dessus de 10 à 15 % |
Ces repères varient fortement selon les secteurs : une banque, une foncière et un éditeur de logiciels ne se lisent pas de la même façon. Pour approfondir : choisir ses actions grâce aux ratios financiers, le taux de distribution du dividende et la capitalisation boursière.
L’analyse technique : le bon moment
L’analyse technique étudie les graphiques de cours : tendances, supports et résistances, moyennes mobiles, indicateurs comme le RSI. Indispensable en trading, elle sert surtout à l’investisseur long terme pour éviter d’acheter en plein emballement. Voir les différents types d’indicateurs de l’analyse technique.
10. Gérer les risques : krachs, émotions et arnaques
Investir en bourse, c’est accepter des baisses parfois violentes. Les connaître à l’avance aide à ne pas paniquer le jour où elles arrivent. Bien distinguer une correction d’un krach est un bon début.
| Crise | Baisse du CAC 40 | Ce qu’il s’est passé ensuite |
| Bulle internet (sept. 2000 – mars 2003) | -65 %, de 6 922 à 2 403 points | Le sommet a mis plus de 20 ans à être dépassé hors dividendes ; 7 ans dividendes réinvestis |
| Crise financière (juin 2007 – mars 2009) | Environ -55 %, de 6 168 à 2 519 points | Reprise progressive sur plusieurs années |
| Covid (18 fév. – 18 mars 2020) | -37,2 % en un mois | +38,4 % entre le 18 mars et le 5 juin 2020 |
Les règles qui protègent
- Ne vendez pas dans la panique. Ceux qui ont vendu en mars 2020 ont matérialisé leurs pertes ; ceux qui ont tenu ont vu le CAC 40 regagner 38 % en moins de trois mois.
- Continuez vos versements pendant les baisses : c’est là que le DCA achète le moins cher.
- N’empruntez pas pour investir en bourse et évitez les produits à effet de levier (CFD, turbos, ETF « leverage ») tant que vous débutez.
- Gardez votre épargne de précaution intacte, pour ne jamais devoir vendre au plus bas.
- Définissez vos règles de gestion : taille maximale par ligne, rythme de rééquilibrage, conditions de vente. C’est tout l’objet du money management.
Pour aller plus loin : protéger son capital en cas de krach boursier, 4 erreurs à éviter pendant un bear market et l’indice VIX, ou indice de la peur.
Repérer les arnaques
Un rendement élevé et garanti n’existe pas. Méfiez-vous de toute offre qui promet des gains rapides, vous contacte sans que vous l’ayez demandé ou vous pousse à décider vite. Avant d’envoyer de l’argent, vérifiez l’agrément sur le registre REGAFI et consultez les listes noires de l’AMF. Les options binaires, par exemple, sont interdites à la vente aux particuliers dans l’Union européenne. Et méfiez-vous des idées reçues : voir notre top 10 des mythes en bourse.
11. La fiscalité de la bourse en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital sont passés de 17,2 % à 18,6 %. La flat tax monte donc à 31,4 %. Seule l’assurance-vie (et quelques placements comme les revenus fonciers) reste à 17,2 %.
Combien d’impôt sur 10 000 € de gains ?
| Enveloppe et situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total | Il vous reste |
| PEA de plus de 5 ans | 0 € | 1 860 € (18,6 %) | 1 860 € | 8 140 € |
| Assurance-vie de plus de 8 ans (personne seule, moins de 150 000 € versés) | 405 € (7,5 % après 4 600 € d’abattement) | 1 720 € (17,2 %) | 2 125 € | 7 875 € |
| Assurance-vie de moins de 8 ans | 1 280 € (12,8 %) | 1 720 € (17,2 %) | 3 000 € | 7 000 € |
| Compte-titres, ou PEA de moins de 5 ans | 1 280 € (12,8 %) | 1 860 € (18,6 %) | 3 140 € | 6 860 € |
Sur 10 000 € de gains, le PEA vous fait donc économiser 1 280 € par rapport au compte-titres. Le calcul est simplifié : il suppose un retrait de 10 000 € de gains et l’application de la flat tax, sans option pour le barème.
Ce qu’il faut savoir en plus
- Sur un PEA, vous ne déclarez rien tant que vous ne retirez pas. Lors d’un retrait après 5 ans, seuls les gains contenus dans le retrait sont taxés, au prorata.
- Sur un compte-titres, votre courtier prélève un acompte de 12,8 % sur les dividendes et vous envoie chaque année un imprimé fiscal unique (IFU), qui préremplit votre déclaration. Les plus-values se déclarent sur le formulaire 2074.
- Dividendes étrangers : le pays d’origine prélève souvent une retenue à la source. Sur un compte-titres, la convention fiscale permet généralement d’en imputer tout ou partie sur l’impôt français ; pour les actions américaines, remplissez le formulaire W-8BEN auprès de votre courtier pour bénéficier du taux réduit.
- Courtier étranger : un compte ouvert hors de France (courtier européen sans succursale française) doit être déclaré chaque année sur le formulaire 3916.
Pour approfondir : tout savoir sur le dividende et vivre de ses dividendes en France : capital et fiscalité.
12. Combien investir, et combien cela peut rapporter
Il n’y a pas de montant minimum : beaucoup de courtiers acceptent des ordres de quelques dizaines d’euros, et certains permettent d’acheter des fractions d’ETF. L’essentiel est la régularité et la durée, grâce à la puissance des intérêts composés : vos gains produisent à leur tour des gains.
Exemple : 200 € investis chaque mois
| Durée | Total versé | À 1,7 % par an (Livret A actuel) | À 4 % par an | À 6 % par an | À 8 % par an |
| 10 ans | 24 000 € | 26 123 € | 29 339 € | 32 495 € | 36 025 € |
| 20 ans | 48 000 € | 57 043 € | 72 768 € | 90 688 € | 113 800 € |
| 30 ans | 72 000 € | 93 640 € | 137 054 € | 194 903 € | 281 710 € |
Ces montants sont des simulations à rendement constant, avant frais et impôts. Ils ne préjugent pas des performances futures : un portefeuille d’actions ne monte jamais en ligne droite, et le rendement réel dépendra des marchés, de vos frais et de votre discipline. Ils montrent surtout une chose : sur 30 ans, l’écart entre un placement à 1,7 % et un placement à 6 % dépasse 100 000 €.
Faites votre propre calcul avec notre simulateur d’intérêts composés, et découvrez un exemple détaillé : investir avec 200 € par mois, plan concret sur 10 ans. Vous hésitez encore avec la pierre ? Lisez investir en actions ou en immobilier.
13. Votre plan d’action en 7 étapes
- Constituez votre épargne de précaution : 3 à 6 mois de dépenses sur un Livret A ou un LDDS.
- Fixez votre objectif et votre horizon, puis la part d’actions qui correspond à votre profil.
- Ouvrez un PEA chez un courtier aux frais réduits, même avec un petit versement, pour lancer le compteur des 5 ans.
- Choisissez le cœur de votre portefeuille : un ETF World éligible au PEA suffit pour commencer.
- Programmez un versement mensuel automatique et investissez-le à date fixe, avec un ordre à cours limité.
- Ajoutez des satellites (actions, ETF thématiques) seulement quand vous vous serez formé, sans dépasser 10 à 30 % du total.
- Faites le point une fois par an : rééquilibrage, frais, évolution de votre situation. Le reste du temps, laissez travailler le temps.
Et pour garder le cap, relisez de temps en temps nos 8 conseils pour bien investir en bourse.
Questions fréquentes
Combien faut-il pour commencer à investir en bourse ?
Quelques dizaines d’euros suffisent. Choisissez simplement un courtier dont les frais restent faibles pour de petits montants, sans quoi ils mangeront une grande partie de vos versements.
Peut-on perdre plus que sa mise ?
Non, si vous achetez des actions ou des ETF au comptant : au pire, leur valeur tombe à zéro. Oui, avec des produits à effet de levier (CFD, SRD, certains produits dérivés), que les débutants doivent éviter.
PEA ou assurance-vie pour débuter ?
Le PEA est plus avantageux pour investir en actions après 5 ans. L’assurance-vie est plus souple, accepte des fonds en euros et des supports du monde entier, et garde des prélèvements sociaux à 17,2 % en 2026. Les deux se complètent très bien.
Quel est le bon moment pour investir ?
Personne ne le connaît à l’avance. Investir chaque mois la même somme (DCA) vous dispense de le chercher.
Combien de temps faut-il garder ses placements ?
Au moins 5 ans pour profiter de la fiscalité du PEA, et idéalement 8 à 10 ans ou plus pour laisser le temps aux marchés d’absorber les baisses.
Faut-il déclarer son PEA aux impôts ?
Non, tant que vous ne faites pas de retrait : les gains ne sont taxés qu’à la sortie, et c’est votre courtier qui transmet les informations. Un compte détenu chez un courtier établi à l’étranger doit en revanche être déclaré sur le formulaire 3916.
Avertissement : cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir en bourse comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
A VOUS DE JOUER : Cet article vous a plu ? Commentez le, partagez le et n’oubliez pas de vous inscrire à la newsletter pour recevoir les derniers articles ainsi que “le guide de la liberté financière” pour commencer à créer des sources de revenus. Pour ne rien manquer des actualités Finances Indépendantes, vous pouvez vous abonner à nos réseaux sociaux : Notre page Facebook, notre Chaîne Youtube, notre twitter, notre instagram, notre page Linkedin.



