Les Trackers (ETF) et les OPC

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Sur les marchés financiers il existe divers types de produits financiers. Si tous peuvent être utilisés dans le but de spéculer, chacun a ses propres caractéristiques et n’a pas uniquement un objectif de spéculation. Nous allons donc voir ici les Organismes de Placement Collectif (OPC) ainsi que les Trackers (ETF) échangés sur les marchés ainsi que leur caractéristiques.

Les OPC

Les Fonds ou les Organismes de Placement Collectif  (OPC) sont des “paniers de produits financiers  (actions, obligations, titres de créances…)”, gérés par des professionnels et détenus collectivement sous forme de parts par des particuliers ou des institutionnels.

  • Définition

Un OPC détient un portefeuille composé d’actifs, dont on peut acheter ou vendre des parts ou des actions. Les capitaux levés auprès des investisseurs qui ont acheté des parts ou actions de l’OPC sont placés en actions, en obligations et également en titres de créances négociables à court et moyen terme.

Les OPC présentent trois caractéristiques principales:

  • ils offrent la possibilité d’accéder à un portefeuille de valeurs mobilières diversifiées;
  • la gestion de ce portefeuille est confiée à un professionnel;
  • leurs parts ou actions peuvent être rachetées, à tout moment, à leur valeur liquidative.

Les OPC sont regroupés en deux familles:

  • OPCVM : Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières
  • FIA : Fonds d’Investisements Alternatifs

 

  • Les Types de Fonds
1 – La SICAV (Société d’Investissement à Capital Variable)

Une SICAV est une société anonyme à capital variable qui gère un portefeuille de valeurs mobilières et qui émet des actions au fur et à mesure des demandes de souscriptions. L’acheteur d’actions de la SICAV devient donc actionnaire de celle-ci avec les droits qui y sont attachés (droit de vote, droit aux dividendes, etc.). La SICAV peut assurer elle-même la gestion de son portefeuille ou bien confier, sous sa responsabilité, cette fonction soit à une société de gestion, soit à un gestionnaire habilité.

2 – Le FCP (Fonds Communs de Placement)

Le FCP est une copropriété de valeurs mobilières, qui émet des parts. En achetant des parts, l’investisseur devient membre d’une copropriété de valeurs mobilières mais ne dispose d’aucun des droits liés à la qualité d’actionnaire. La gestion du FCP est assurée par une société commerciale dite “société de gestion” qui agit dans l’intérêt des porteurs de parts ou actionnaires.

  • Les classes de Fonds

Les Fonds français sont classés en fonction de la nature de leur gestion et de leur profil de risque. Il existe six familles principales.

1 – Les Fonds monétaires

Les Fonds monétaires sont investis dans des produits à court terme (3 mois à deux ans). En général émis par l’Etat, ces produits sont des Titres de Créances Négociables (TCN). Ils peuvent être également émis par les banques ou les entreprises. Les TCN sont représentatifs d’emprunts de trésorerie et de placements à court terme. Les OPC monétaires permettent d’obtenir des rémunérations proches de celles que procure le marché monétaire. Leur risque est très limité, mais la contrepartie est un rendement souvent faible. L’OPC monétaire est un produit peu risqué. Une distinction sera faite entre les OPC court terme (moins d’un an) et les OPC monétaires (moins de deux ans) en fonction de différents critères.

2 – Les Fonds obligataires

Les Fonds obligataires sont investis dans les obligations. Les emprunts obligataires peuvent être émis à taux fixes ou à taux variables à moyen terme et long terme. Les émetteurs des obligations sont en général les sociétés, les États, les collectivités publiques ou les entreprises publiques.
Ces OPC permettent d’investir sur des obligations d’émetteurs différents, avec de multiples zones géographiques, avec des maturités différentes. Les risques traditionnels attachés à l’investissement en obligation sont le risque d’insolvabilité, de taux ou encore de liquidité. Le risque reste ici limité.

3 – Les Fonds actions

Les portefeuilles des Fonds actions sont exposés majoritairement sur le marché des actions. Les portefeuilles peuvent être structurés de différentes façons, ils sont avant tout alloués de manière sectorielle ou géographique ou encore par croissance. Le risque d’un OPC action correspond au risque de marché. Ils sont par définition plus risqués que les OPC monétaires et obligataires.

4 – Les Fonds diversifiés

Les Fonds diversifiés sont composés de portefeuilles d’actions, d’obligations et de titres monétaires. Le niveau de risque du portefeuille est fonction de la répartition entre ces différents produits. Il existe trois types de profils diversifiés :
– prudent : les portefeuilles prudents ont une exposition actions de 0 à 30%,
– équilibré : les portefeuilles équilibrés ont une exposition actions de 30 à 70%,
– dynamique : les portefeuilles dynamiques ont une exposition actions de plus de 70%.

5 – Les Fonds alternatifs

Les Fonds alternatifs sont des Fonds composés d’autres OPC (plus de 10%) qui mettent en place des stratégies dites alternatives. Le gérant du Fonds arbitre entre différents fonds suivant ces objectifs. Cette OPC permet une grande diversification de l’investissement puisqu’en acquérant une part, l’investisseur acquiert un grand nombre d’entreprise dans différents secteurs et à la fois dans différents pays.

6 – Les Fonds à formules

Un Fonds à formules est un OPC dont l’objectif de gestion est d’atteindre, à l’expiration d’une période déterminée, un montant final ainsi que de distribuer, le cas échéant, des revenus, par application mécanique d’une formule de calcul prédéfinie, reposant sur des indicateurs de marchés financiers ou des instruments financiers. En contrepartie de l’engagement ainsi décrit, la réalisation de cet objectif de gestion doit être garantie par un établissement de crédit dont le siège social est situé dans l’OCDE, soit vis-à-vis de l’OPC, soit vis-à-vis des porteurs de part(s) ou d’action(s).

  • Fonctionnement
1 – Où acheter les Fonds ?

Les FCP et SICAV sont disponibles auprès d’établissements habilités à les commercialiser, comme les Prestataires de Service d’Investissement (PSI) qui sont des établissements bancaires, les entreprises d’investissements, les compagnies d’assurance et les courtiers.

2 – Comment souscrire à un Fonds ?

Pour souscrire une part d’un FCP ou acheter une action d’une SICAV, il faut donner un ordre à votre intermédiaire qui le transmettra à la société de gestion du Fonds pour exécution. L’OPC établira un prix de façon quotidienne ou hebdomadaire (minimum toutes les deux semaines). L’ordre transmis est un ordre de type au marché qui est irrévocable. Le prix ne sera pas connu à l’avance.

A lire aussi: Les différents types d’ordres

3 – Le DICI

Chaque OPC doit établir un prospectus ou un Document d’Informations Clés pour l’Investisseur (DICI), qui est contrôlé par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Ce DICI est indispensable pour s’informer sur le produit et le comparer aux autres OPC.

Avant tout investissement, il est donc recommandé de le consulter et de prendre connaissance des caractéristiques du fonds. L’information y est plus détaillée dans le prospectus de l’OPC.

Les Trackers ou ETF

Le Tracker, également dénommé Exchange Traded Funds (ETF), est un produit financier qui réplique généralement l’évolution d’un sous-jacent qui peut être un indice ou un panier d’actions. Il offre l’accès à un portefeuille diversifié représentatif d’un marché, d’un pays ou d’un secteur économique sans avoir à acquérir une multitude de produits. Les actifs des Trackers sont investis avec la même pondération que celle du sous-jacent qu’ils répliquent.

  • Définition

Les Trackers sont des produits financiers négociables en Bourse. Ils répliquent la performance d’un indice ou d’un panier d’actions. Ils réunissent les caractéristiques de deux instruments simultanément :

– Les actions : comme les actions, les ETF sont cotés en continu. Il suffit de placer un ordre de Bourse pour l’achat ou la vente. Le prix de négociation dépend de l’offre et de la demande.

– Les fonds : comme une OPCVM, les ETF donnent accès à la diversification du portefeuille, à un vaste choix de valeurs et de secteurs. Les ETF émettent des parts qui sont achetées par les investisseurs.

Exemple : Un Tracker A qui côte 100€ et qui a comme sous-jacent le CAC 40. Si le CAC 40 gagne 2%, le Tracker A s’appréciera de 2% également. Il cotera donc au final 102€.

  • Fonctionnement
1 – Comment acheter ou vendre les Trackers ?

Pour négocier des Trackers, il suffit de passer un ordre d’achat ou de vente à un Prestataire de Services d’Investissement (Etablissement bancaire, courtier en ligne). Celui-ci sera transmis sur le marché boursier et exécuté selon et si les modalités de l’ordre le permettent. Par ailleurs les ETF sont négociables à partir d’un compte-titres ordinaire (CTO) ou d’un PEA (selon la proportion du sous-jacent qui est éligible au PEA). Ils peuvent également être disponibles au SRD (Service de Règlement Différé) avec un effet de levier.

2 – La valorisation de l’ETF

Le prix d’un Tracker va dépendre de deux éléments principaux :

– la valeur liquidative : c’est le prix obtenu en divisant le montant global du portefeuille, valorisé à la valeur du marché et diminué des dettes, par le nombre de parts. Puisque le Tracker est constitué dans les mêmes proportions des valeurs de l’indice, il réplique son indice de référence.

– la valeur du marché : l’ETF étant coté en continu sur le marché, son prix va varier en fonction de l’offre et la demande.

Certains intervenants de marché, les arbitragistes ou les émetteurs vont maintenir en permanence des prix à l’achat et à la vente sur certains Trackers pour assurer la liquidité du produit et également sa cohérence avec la valeur liquidative sous-jacente représentée (Indices, panier d’actions).

3 – Revenu et fiscalité

Un ETF peut être vendu en Bourse à tout moment. Cette vente peut dégager une plus ou moins-value. Les dividendes qui sont versés au niveau du panier d’actions seront également reversés de façon regroupée directement à l’investisseur (une à deux fois par an). Les bénéfices dégagés seront imposés selon la fiscalité des produits financiers.

  • Les avantages des Trackers

Les Trackers peuvent répondre à plusieurs types de stratégies et d’investissements : adopter une stratégie d’investissement prudente ou diversifiée, couvrir son portefeuille, investir dans un secteur précis, utiliser des effets de leviers.

1 – Simplicité

L’achat et la vente se font en continu, toute la journée aux conditions du marché. Une seule transaction permet d’acquérir un portefeuille diversifié. Il n’y a pas de date d’échéance ce qui permet de détenir l’ETF sans limite de temps.

2 – Economique

Les frais de courtages sont généralement identiques à ceux des actions (pas de droits d’entrée, ni de droits de sortie). L’achat d’un ETF évite de multiples frais pour constituer un portefeuille diversifié ou représentatif d’un secteur ou indice. Les frais de gestion de l’émetteur de l’ETF qui sont inclus dans le prix de l’ETF sont faibles.

3 – Transparent

Les ETF sont faciles à suivre. La valeur liquidative du fond est diffusée de façon quotidienne par l’émetteur. De plus Euronext diffuse également une valeur liquidative indicative qui reflète la valeur mathématique d’une part du Tracker. Si l’écart entre les deux est trop significatif, le produit peut arrêter de coter pendant une période. L’évolution du Tracker reflète l’évolution du sous-jacent. Par exemple si l’indice représenté gagne 1%, le Tracker qui le reflète à l’identique gagnera également 1%.

4 – Revenus

Les Trackers assurent un revenu à travers le versement de dividendes. Le montant du dividende distribué par le Tracker est la somme pondérée des dividendes distribués par les sociétés qui constitue le panier d’actions. Selon l’ETF, ce dividende peut être payé une à deux fois par an ou directement réinvesti.

5 – Couverture

Les ETF permettent de couvrir un portefeuille d’action à moindre frais. Ils vont permettent de se couvrir contre une volatilité trop forte des marchés.

6 – Effet de levier

Certains Trackers peuvent répliquer plus qu’à l’identique un indice ou un panier d’actions. Ils peuvent générer l’inverse de l’évolution d’un indice ou multiplier l’évolution de celui-ci.

Par exemple le cours d’un ETF augmentera quand l’indice qu’il représente descendra. Ou encore un ETF pourra répliquer deux fois la performance d’un indice au lieu de le répliquer à l’identique.

Par ailleurs lorsqu’ils sont éligibles au SRD (Service de Règlement Différé), les ETF vous permettent d’avoir de l’effet de levier et de la couverture grâce à ce service.

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