Suite à la crise de 1929 et les difficultés des Etats-Unis pour faire baisser le chômage, le New Deal est créé en 1933 à l’initiative du président Américain Franklin Delano Roosevelt (1882-1945) afin de relancer l’Economie Américaine. C’est le début de l’Etat interventioniste, l’État-providence.

Définition

Le New Deal (ou Nouvelle donne) est le nom donné à la politique mise en place dans les années 1930 aux Etats-Unis pour faire face à la crise économique de 1929. Elle a été mise en place par le président américain Franklin Delano Roosevelt (1882-1945) en plusieurs phases entre 1933 et 1938.

En 1933, à cause d’une crise économique et d’une dépression sans précédent, la production américaine avait baissé de moitié par rapport à 1930, les prix agricoles de 25% à 50% et le chômage atteignait un quart de la population active. Les origines de la crise qui découlait directement de celle de 1929 étaient attribuées à l’instabilité inhérente des marchés financiers. L’intervention de l’Etat fédéral dans les domaines économiques et sociaux était apparue nécessaire pour relancer l’économie et apporter de la stabilité et de la rationalité dans une économie de marché devenue défaillante.

Mise en place progressive du New Deal

Le New Deal s’est mis en place progressivement au cours des années 1930 afin de relancer l’Economie Américaine. Il s’est fait en 2 grandes étapes:

Le premier New Deal


Les premières mesures, préparées par les conseillers du président Roosevelt (le “Brain Trust”), pendant la campagne électorale de 1932, visaient une amélioration à court terme en injectant des crédits supplémentaires pour relancer l’Economie (donc la consommation, les investissements des entreprises, les embauches et les bénéfices des entreprises), et une répartition plus équitable des richesses produites en réorganisant le tissu industriel :

  • dévaluation du dollar pour créer une inflation de reprise, favoriser les exportations américaines et alléger le poids de l’endettement,
  • moratoire sur les dettes des banques,
  • instauration d’une inspection des organismes financiers par les banques fédérales et établissement d’une distinction nette entre banques de dépôt et banques d’affaires,
  • contrôle du marché des valeurs mobilières par la “Securities and Exchange Commission” (SEC)
  • pour les agriculteurs, instauration d’un système de rééchelonnement des dettes et d’un crédit à taux minoré,
  • versement aux agriculteurs d’une indemnité en échange de la destruction de stocks existants et de la réduction de leur production,
  • relance des activités de travaux publics,
  • aide de l’Etat en échange d’une adhésion à des codes de concurrence loyale,
  • abaissement de la durée du travail entre trente-cinq et quarante heures selon les secteurs d’activité,
  • instauration d’un salaire horaire minimal,
  • embauche de jeunes dans des travaux d’utilité publique,

Le deuxième New Deal


En raison d’un redressement moins rapide que prévu de l’Economie Américaine, de l’hostilité des milieux d’affaires et de l’obstruction de la Cour suprême, le gouvernement fédéral met en oeuvre, à partir de 1935, une deuxième série de mesures :

  • augmentation des salaires et des aides de l’Etat, grands travaux,
  • pouvoir d’arbitrage et de contrôle donné à l’Etat en matière de liberté syndicale et de conventions collectives,
  • augmentation du taux d’imposition des plus riches,
  • subventions pour financer la “Rural Electrification Administration”,
  • institution d’une sécurité sociale (assurance vieillesse, assurance chômage, remboursement des frais médicaux et chirurgicaux).


Une nouvelle série de mesures a été prise début 1938, après une récession en fin 1937 :

  • construction de logements,
  • législations favorables au soutien des salaires,
  • augmentation de la production avec le réarmement en 1939, pour soutenir et approvisionner les européens.

Par le New Deal, l’administration américaine met en œuvre une politique économique et sociale visant à contrecarrer les méfaits de la Grande dépression des années 1930, conséquences de la crise de 1929 née d’une logique inspirée d’un libéralisme empreint de trop de “laisser-faire”.

De nombreuses lois sont votées pour permettre à l’État fédéral de ne plus être un acteur passif.

Les lois votées dans le cadre du New Deal

– le Buy american act, de mars 1933, encourage le peuple américain à acheter américain, mais aussi le gouvernement et les entreprises, notamment de construction (immobilier et routes).

– l’Emergency banking act, de mars et juin 1933 pour restaurer la confiance dans le système bancaire, en fermant les banques insolvables pour les renflouer et les réorganiser avant leur réouverture.

– le Glass-Steagall act, de juin 1933 pour séparer les banques commerciales des banques d’affaires et plafonner les taux d’intérêts sur les dépôts bancaires

– l’Agricultural adjustment act, de mai 1933 pour redonner de la valeur aux produits agricoles, stabiliser la situation des agriculteurs, en octroyant des crédits à faible taux et en versant des indemnités compensatrices aux agriculteurs qui acceptaient de ne pas cultiver une partie de leurs terres.

– le National industrial recovery act, de juin 1933 consacre le partenariat entre l’État et les entreprises afin de soutenir à la fois les prix et les salaires.

– le National housing act de 1934 pour faciliter l’accession au logement hypothéqué, donc des crédits hypothécaires et mettre fin aux saisies des maisons familiales par les banques.

– le Social Security act, d’août 1935 qui créé le système de Sécurité sociale américain pour aider en premier lieu les personnes agées en difficultés financières, les chômeurs, les femmes seules et les orphelins.

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Ce qui découle des lois votées dans le cadre du New Deal

– la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), en juin 1933. Fonds national de garantie des dépôts assurant la protection des déposants ;

– la SEC (Securities and Exchange Commission), en 1934, pour le contrôle des activités boursières ;

– l’agence fédérale GNMA (Government National Mortgage Association), dite Ginnie Mae, en 1938, garantissant aux caisses d’épargne le défaut de crédit des emprunteurs ;

– le FHLMC (Federal Home Loan Mortgage Association, aussi appelé Freddie Mac) crée par Fannie Mae, en 1938, qui garantit les titres des emprunts hypothécaires.

Le creusement du déficit budgétaire

En parallèle, un fort déficit budgétaire est créé afin de relancer la machine économique et favoriser la création d’un tissu industriel plus équitable et pourvoyeur d’emplois (en 1933, il y avait 12,8 millions de chômeurs aux États-Unis, soit 24,75% de la population active). Des grands travaux d’utilité publique sont entrepris. Pour relancer la production, via les exportations, le dollar est dévalué de 42%, entre 1933 et 1934. Son cours est fixé à 35 dollars pour une once d’or (31,103 g).

Malgré tous les efforts de l’administration Roosevelt pour que réussissent ses 2 New Deal, le chômage perdure avec encore 10 millions de chômeurs en 1938, soit un taux de 18,9%. Finalement, c’est la Seconde Guerre mondiale qui mettra fin au marasme américain. En effet, dès 1939, les États-Unis, qui ne sont pas encore en guerre contre l’axe germano-italo-japonais, vont soutenir l’effort de guerre de l’Empire britannique par la production et l’envoi de matériel de guerre au Royaume-Uni. Puis, l’entrée en guerre des Américains, le 8 décembre 1941, va permettre à leur économie de tourner à plein régime et de consolider, in fine, son leadership mondial.

Les deux New Deal ont été pleinement keynésiens en termes économiques et sociaux. Ils ont aussi signé la naissance réelle du concept d’État interventionniste et de celui embryonnaire d’État-providence dans un pays paradoxalement symbole du libéralisme économique. Mais, ce pays était alors présidé par un membre du parti démocrate (la gauche, aux États-Unis) !

Le New Deal est l’une des premières expériences de l’Etat-Providence aux Etats-Unis. Il est critiqué pour son inefficacité par les libéraux qui l’accusent d’avoir prolongé la crise jusqu’en 1938. Il a cependant permis d’améliorer à long terme les infrastructures du pays et de développer le pouvoir économique du gouvernement fédéral. Malgré les tensions sociales le New Deal a aussi permis de grandes avancées sociales et de ressouder la société américaine en y réintégrant des dizaines de millions d’exclus générés par la crise de 1929.

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