Le déficit public et le déficit budgétaire sont deux notions très souvent confondues alors qu’il s’agit en fait de deux choses bien distinctes. On en entend souvent parler dans les médias qui eux-même confondent parfois ces deux termes. Voici, ce que recouvrent vraiment ces deux notions:

Le déficit public

Le déficit public regroupe à la fois l’ensemble des recettes (=revenus) et des dépenses de l’Etat  mais aussi celles de toutes les administrations publiques comme les organismes de sécurité sociale et les collectivités territoriales. Le solde annuel des finances publiques est égal à la différence entre :

  • Les recettes : recettes fiscales (impôt sur le revenu, impôt sur la fortune ou impôt sur la fortune immobilière (IFI), impôt sur les sociétés, Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), taxes locales, taxes foncières, taxes d’habitation, etc.) et recettes non fiscales (dividendes des entreprises dont l’État est actionnaire, revenus du patrimoine, revenus de l’activité industrielle et commerciale de l’Etat, revenus de cessions d’actifs, …);
  • Les dépenses : dépenses courantes de fonctionnement (salaires des fonctionnaires, achats de fournitures, de services), dépenses de sécurité (armement, police, armée), dépenses de santé (hôpitaux publics, Sécurité Sociale), investissements dans les infrastructures (écoles, réseau routier), etc.

Sur le tableau ci-dessus on peut voir un historique du déficit public en France depuis 2007. L’explosion du déficit public en 2008 correspond au début de la crise des subprimes, crise qui a commencé aux Etats-Unis et qui s’est propagée dans le monde entier à cause de l’interdépendance des économies et du système bancaire. Depuis 2009 le déficit public de la France est en constante baisse et est même redescendu sous le seuil des 3% imposé par Bruxelles. La courbe rouge correspond à l’estimation de l’évasion fiscale en France. On constate facilement qu’une grosse partie, si ce n’est la totalité du déficit, aurait pu être résorbé avec ces 70 milliards d’euros cachés par les fraudeurs qui cachent une partie de leur patrimoine dans des paradis fiscaux.

Le déficit budgétaire

Le déficit budgétaire ne concerne que l’Etat et est caractérisé par des recettes, inférieures à ses dépenses au cours d’une année. Pour combler ce déficit et payer toutes les dépenses prévues par la loi de finances, l’Etat doit emprunter sur les marchés. Il va ainsi émettre des obligations d’Etat à destination des particuliers mais aussi des fonds d’investissement. On les retrouve principalement dans les contrats d’assurance vie. Le taux d’intérêt que l’Etat doit payer sur ses emprunts dépend de sa note globale, donnée par les agences de notation comme Moody’s par exemple. Plus sa note est élevée, plus les investisseurs auront confiance en sa capacité à rembourser et moins le taux sera élevé et inversement.

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La dette publique est la conséquence directe du déficit public. Elle correspond à la dette de l’ensemble des administrations publiques : Etat, collectivités territoriales et organismes de Sécurité Sociale, et qui est due au déséquilibre entre recettes et dépenses publiques. Le traité de Maastricht fixe la limite de la dette publique à 60% du PIB (Produit Intérieur Brut). La dette annuelle des administrations publiques est notifiée à la Commission européenne deux fois par an, fin mars et fin septembre.

Quant à la dette de l’Etat, elle représente l’ensemble des emprunts que ce dernier a émis ou garantis pour financer son déficit budgétaire. Bien respecter le budget fixé est important pour éviter de recourir à un emprunt pour financer des dépenses, que ce soit pour un Etat, une entreprise ou même pour les particuliers.

Un déficit ne concerne qu’une seule année alors qu’une dette est une accumulation de déficits sur plusieurs années.

En contrepartie de l’emprunt sur les marchés financiers, l’Etat doit, comme les particuliers qui contractent un crédit, verser des intérêts. Ils représentent le «coût de la dette» et correspond à la rémunération des investisseurs qui ont prêté cet argent à l’Etat. En règle générale, plus la dette est importante, plus les intérêts sont élevés sauf si les taux d’intérêt sont, comme en ce moment, très bas, ce qui permet à un Etat de se rendetter à moindre coût, donc de baisser sa charge (ou coût) de la dette. Plus les dépenses de l’Etat emprunteur augmentent, et plus le déficit se creuse si les recettes n’augmentent pas suffisamment. Rembourser une dette par une nouvelle dette n’a de sens que si les intérêts sont moins élevés (à durée d’emprunt égale, le montant des intérêts cumulés doit être inférieur). C’est encore plus intéressant de rembourser une dette en contractant un nouveau crédit, si les taux d’intérêts sont négatifs puisque l’Etat devra alors rembourser moins que ce qu’il a emprunté.

A lire aussi: Qu’est-ce qu’un taux d’intérêt et Qu’est-ce que le Quantitative Easing (QE)

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