Investir 200 € par mois représente un effort d'épargne accessible pour de nombreux Français tout en permettant de construire un patrimoine significatif. Sur 10 ans avec un rendement moyen de 8 % annuel, un investissement régulier de 200 € mensuels génère environ 36 589 €, soit plus de 12 000 € de gains par rapport aux 24 000 € investis. Cette approche progressive limite les risques liés aux variations du marché et s'adapte à votre situation financière actuelle.
La clé du succès réside dans le choix stratégique de vos supports d'investissement et de votre enveloppe fiscale. Vous devrez arbitrer entre sécurité et rendement, tout en tenant compte de votre horizon de placement et de votre tolérance au risque. Chaque décision concernant l'allocation de vos 200 euros mensuels impacte directement votre capital final.
Ce guide vous présente des stratégies concrètes pour maximiser vos investissements sur une décennie. Vous découvrirez comment sélectionner les bons produits financiers, optimiser votre fiscalité et ajuster votre plan au fil des années pour atteindre vos objectifs patrimoniaux.
Pourquoi investir 200 €/mois sur 10 ans fait toute la différence
L'investissement régulier de 200€/mois transforme une somme modeste en capital substantiel grâce aux mécanismes mathématiques des intérêts composés et à la discipline des versements automatiques. Sur une décennie, cette approche méthodique efface les effets de la volatilité des marchés tout en maximisant votre exposition à la croissance.
La puissance des intérêts composés et leur impact sur le capital
Les intérêts composés font travailler vos gains précédents pour générer de nouveaux gains. Avec 200€/mois investis à 8% annuel, vous atteignez environ 36 589€ après 10 ans, alors que vous n'avez versé que 24 000€.
La différence de 12 589€ représente vos gains purs. Ces gains ne proviennent pas uniquement de vos versements mensuels, mais aussi des rendements générés par vos versements antérieurs.
| Année | Capital versé | Valeur du portefeuille (8%/an) | Gains cumulés |
|---|---|---|---|
| 1 | 2 400€ | 2 494€ | 94€ |
| 5 | 12 000€ | 14 695€ | 2 695€ |
| 10 | 24 000€ | 36 589€ | 12 589€ |
Plus vous restez investi, plus la part des gains augmente par rapport à votre capital versé. À 10 ans, 34% de votre patrimoine provient des intérêts composés, pas de votre épargne directe.
L'effet de la régularité des versements mensuels (DCA)
Le DCA (Dollar Cost Averaging) lisse le prix d'achat de vos investissements sur toute la période. En investissant 200 euros par mois de manière régulière, vous achetez automatiquement plus de parts quand les prix baissent et moins quand ils montent.
Cette mécanique élimine le risque de tout investir au mauvais moment. Un versement unique de 24 000€ en début de période vous expose au timing du marché.
Les versements mensuels vous protègent aussi psychologiquement. Quand les marchés baissent, vos 200€/mois achètent plus de parts, ce qui devient un avantage plutôt qu'une source d'anxiété. Vous construisez ainsi votre position progressivement sans stress lié aux fluctuations quotidiennes.
La régularité transforme l'investissement en habitude automatique, comme un prélèvement pour un abonnement. Vous éliminez les décisions émotionnelles qui nuisent aux rendements à long terme.
L'importance de commencer tôt malgré un petit capital
Débuter avec 200€/mois à 25 ans vous donne 40 années de capitalisation potentielle. Ce même montant démarré à 35 ans vous prive de 10 années cruciales où les intérêts composés auraient travaillé.
Sur 30 ans à 8%, 200€/mois génèrent environ 300 000€. Sur 20 ans, seulement 118 589€. Les 10 années supplémentaires ajoutent 181 411€, soit plus que le montant total obtenu sur 20 ans. C'est l'accélération exponentielle des intérêts composés en action.
Attendre d'avoir un revenu plus élevé pour investir davantage vous coûte cette période initiale irremplaçable. Constituer un capital ne dépend pas tant du montant mensuel que du temps passé investi.
Même si votre budget est serré, ces 200€/mois démarrent le compteur de vos intérêts composés. Vous pourrez augmenter vos versements plus tard, mais vous ne récupérerez jamais les années perdues à attendre le "bon moment".
Projections concrètes : combien pouvez-vous espérer sur 10 ans ?
Avec 200 € investis chaque mois sur 10 ans, votre capital final dépend directement du rendement annuel obtenu et de l'impact de l'inflation sur votre pouvoir d'achat réel. Les résultats varient fortement selon le type de placement choisi, allant de 25 000 € pour une épargne sécurisée à plus de 41 000 € sur les marchés actions.
Simulations selon différents taux de rendement annuel
Vos 200 € mensuels représentent un capital investi de 24 000 € sur 10 ans. Le rendement annualisé transforme cette somme en fonction du taux obtenu.
À 2 % par an (livret réglementé ou fonds euros), vous obtenez environ 26 400 €. Le gain net reste modeste avec seulement 2 400 € d'intérêts composés générés.
À 5 % par an (obligations ou fonds diversifiés), votre capital atteint 31 056 €. Les intérêts composés produisent 7 056 € supplémentaires, soit près de 3 fois plus qu'à 2 %.
À 8 % par an (ETF actions mondiales sur PEA), selon les projections d'investissement mensuel, vous accumulez 36 589 €. Vos gains montent à 12 589 €, représentant 52 % de votre capital investi initial.
À 10 % par an (actions concentrées ou marchés émergents), le total grimpe à 41 310 €. Vous doublez quasiment votre mise de départ grâce aux 17 310 € d'intérêts.
| Taux annuel | Capital final | Gains générés | Rendement total |
|---|---|---|---|
| 2 % | 26 400 € | 2 400 € | +10 % |
| 5 % | 31 056 € | 7 056 € | +29 % |
| 8 % | 36 589 € | 12 589 € | +52 % |
| 10 % | 41 310 € | 17 310 € | +72 % |
Impact de l'inflation et du rendement réel sur le pouvoir d'achat
L'inflation érode la valeur réelle de votre capital accumulé. Avec une inflation moyenne de 2 % par an sur la décennie, 36 589 € dans 10 ans équivaudront à environ 30 000 € en pouvoir d'achat actuel.
Votre rendement réel correspond au rendement nominal moins l'inflation. À 8 % nominal avec 2 % d'inflation, votre rendement réel est de 6 %. C'est ce chiffre qui compte pour évaluer l'enrichissement véritable de votre patrimoine.
Un placement à 2 % avec 2 % d'inflation offre un rendement réel de 0 %. Vous préservez votre capital nominal mais perdez du pouvoir d'achat. Sur 10 ans, vos 26 400 € nominaux ne vaudront que 21 700 € en euros d'aujourd'hui.
Les placements à rendement élevé battent l'inflation et augmentent réellement votre capacité d'achat future. À 8 %, votre gain réel sur 10 ans dépasse 8 000 € en euros constants.
Exemples de scénarios selon les marchés (actions, immobilier, épargne)
Épargne sécurisée : Un livret A ou LDDS rapporte actuellement 2-2,5 % par an. Vos 200 € mensuels génèrent 26 500 € avec zéro risque de perte en capital. L'avantage principal reste la disponibilité immédiate des fonds et l'absence totale de volatilité.
Assurance vie fonds euros : Avec un rendement moyen de 2,5 à 3 %, vous obtenez entre 26 800 € et 27 800 € sur votre horizon de placement de 10 ans. La fiscalité devient avantageuse après 8 ans avec l'abattement annuel.
Actions via ETF MSCI World : Un ETF actions mondiales en PEA vise 8 % annualisé sur le long terme. Vos 36 589 € finaux bénéficient d'une fiscalité réduite à 17,2 % sur les gains après 5 ans de détention.
SCPI et immobilier papier : Les SCPI distribuent 4-5 % par an en moyenne. Sur 10 ans, vous accumulez 29 000 à 31 000 €. Les revenus sont imposés chaque année au barème progressif, contrairement au PEA qui diffère l'imposition.
Stratégies d'allocation avec 200 €/mois : modèles et arbitrages
Avec un budget mensuel de 200 €, vous disposez de plusieurs approches d'allocation selon votre profil de risque et vos objectifs. Les stratégies varient entre la simplicité d'un placement unique en ETF et la diversification multi-supports combinant PEA, assurance-vie et actifs tangibles.
Diversification : pourquoi et comment répartir votre budget
La diversification protège votre capital contre les fluctuations d'un seul actif ou marché. Avec 200 € mensuels, vous devez arbitrer entre la simplicité et la répartition des risques.
Une répartition basique consiste à allouer 70% en actions via des trackers et 30% en obligations ou fonds euros pour stabiliser le portefeuille. Sans capital initial, concentrez-vous d'abord sur un seul support pendant 3 à 6 mois pour atteindre un montant minimal viable.
Évitez la sur-diversification avec un petit budget. Multiplier les supports génère des frais d'entrée et de gestion qui réduisent la performance. Trois à quatre lignes d'investissement maximum suffisent pour équilibrer risque et rendement à ce stade.
Stratégie 100% ETF pour un démarrage simple
Investir la totalité de vos 200 € sur un seul ETF MSCI World représente la stratégie la plus efficace pour débuter. Cette approche élimine la complexité tout en offrant une exposition à plus de 1 500 entreprises mondiales.
Les ETF comme le DCAM ou WPEA affichent des frais annuels inférieurs à 0,20% et permettent une gestion passive optimale. Vous investissez automatiquement dans les plus grandes capitalisations américaines, européennes et asiatiques sans avoir à sélectionner des titres individuels.
Cette stratégie convient particulièrement aux investisseurs sans capital initial qui souhaitent construire progressivement un portefeuille. Les frais de courtage réduits sur les PEA (souvent 0,50 € par ordre) permettent d'optimiser chaque versement mensuel.
Approche multi-supports : PEA, assurance-vie et SCPI
Une allocation diversifiée combine 150 € sur PEA et 50 € en assurance-vie pour maximiser l'optimisation fiscale. Le PEA offre une exonération d'impôts après 5 ans tandis que l'assurance-vie permet une transmission avantageuse.
Sur votre PEA, privilégiez un mix de 70% ETF World et 30% ETF sectoriels ou géographiques (marchés émergents, technologie). L'enveloppe assurance-vie accueille 30% de fonds euros sécurisés et 70% d'unités de compte pour équilibrer sécurité et performance.
Les SCPI accessibles avec 200 € par mois constituent une alternative pour ajouter de l'immobilier locatif à votre portefeuille. Cette classe d'actifs génère des revenus réguliers mais nécessite des frais d'entrée de 8 à 12%.
Attendez d'avoir constitué une base d'ETF de 5 000 à 10 000 € avant d'intégrer des SCPI pour éviter que les frais n'amputent trop votre capital.
Gestion passive vs gestion active : ce qu'il faut privilégier
La gestion passive via des trackers s'impose avec un budget de 200 € mensuels. Les fonds actifs facturent des frais de 1,5 à 2,5% annuels contre 0,15 à 0,40% pour les ETF, une différence qui érode significativement votre capital sur 10 ans.
Avantages de la gestion passive :
- Frais réduits maximisant les intérêts composés
- Performance alignée sur les indices de référence
- Aucune décision de timing ou de sélection de titres
- Adaptation automatique aux évolutions du marché
La gestion active ne se justifie que dans des niches spécifiques (small caps, marchés frontières) où l'expertise humaine ajoute réellement de la valeur. Pour votre stratégie d'investissement mensuelle, les ETF MSCI World ou S&P 500 captent 85 à 95% de la performance des marchés actions sans complexité.
Automatisez vos versements mensuels pour éliminer les biais émotionnels et bénéficier du lissage du prix d'achat (dollar cost averaging). Cette discipline transforme votre épargne modeste en patrimoine substantiel sur le long terme.
Choisir la bonne enveloppe : PEA, assurance-vie, PER ou CTO ?
Avec 200€ par mois à investir, le choix de l'enveloppe fiscale détermine directement vos frais, votre fiscalité et vos supports d'investissement accessibles. Chaque dispositif présente des caractéristiques spécifiques qui correspondent à des objectifs différents.
Les avantages et limites du PEA
Le PEA offre une fiscalité avantageuse après 5 ans de détention : vos plus-values et dividendes sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2% restent dus. Cette enveloppe fiscale est plafonnée à 150 000€ de versements, ce qui laisse largement la place pour un investissement de 200€ mensuel sur 10 ans (24 000€ au total).
Le PEA limite cependant vos choix aux actions européennes et aux fonds éligibles. Vous ne pouvez pas investir dans des actions américaines ou asiatiques directement. Un retrait avant 5 ans entraîne la clôture du plan et l'imposition à la flat tax de 30%.
Trois dispositifs d'épargne clés permettent d'anticiper vos projets de vie selon votre horizon de placement. Le PEA convient particulièrement si vous visez un investissement 100% actions avec un horizon minimum de 5 ans.
L'assurance-vie, fonds euros et unités de compte
L'assurance-vie ne comporte aucun plafond de versement et combine plusieurs types de supports. Les fonds euros garantissent votre capital avec un rendement modeste (autour de 2 à 3% en 2026), tandis que les unités de compte vous exposent aux marchés financiers avec plus de risque et de potentiel.
La fiscalité devient intéressante après 8 ans : vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600€ (9 200€ pour un couple) sur les gains lors d'un retrait. Vous conservez la liberté de retirer votre argent à tout moment, contrairement au PEA.
Les frais constituent le principal inconvénient. Les frais d'entrée, de gestion et d'arbitrage peuvent réduire significativement votre performance nette. Choisir la bonne enveloppe d'épargne selon votre profil devient essentiel face à ces différences de coûts.
L'assurance-vie offre également des avantages successoraux : 152 500€ par bénéficiaire sont exonérés de droits de succession pour les versements effectués avant 70 ans.
PER : préparer sa retraite et réduire ses impôts
Le PER permet de déduire vos versements de votre revenu imposable, créant ainsi des avantages fiscaux immédiats. Si vous êtes imposé à 30%, chaque versement de 200€ vous fait économiser 60€ d'impôts l'année même.
Cette enveloppe fiscale bloque votre épargne jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (achat de résidence principale, accident de vie). À la sortie, vous récupérez votre capital sous forme de rente ou de capital, mais celui-ci est imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Le PER s'avère pertinent uniquement si vous êtes fortement imposé aujourd'hui et anticipez une tranche marginale plus faible à la retraite. Pour un jeune actif avec 200€ mensuels, cette contrainte de liquidité sur 10, 20 ou 30 ans peut constituer un frein majeur. Quelle enveloppe privilégier dépend donc directement de votre tranche d'imposition actuelle et de votre horizon de placement.
Le compte-titres ordinaire (CTO) pour compléter sa stratégie
Le CTO n'impose aucune limite de versement ni restriction géographique. Vous accédez à tous les marchés mondiaux : actions américaines, asiatiques, ETF internationaux, obligations ou même matières premières.
Cette liberté totale s'accompagne d'une fiscalité moins favorable : la flat tax de 30% (12,8% d'impôt + 17,2% de prélèvements sociaux) s'applique à chaque plus-value et dividende perçu. Aucun avantage fiscal ne récompense la durée de détention.
Le CTO trouve sa place en complément d'un PEA saturé ou pour investir sur des zones géographiques non éligibles au PEA. Avec 200€ mensuels sur 10 ans, vous remplirez d'abord votre PEA avant d'envisager un CTO. Optimiser votre patrimoine passe souvent par une combinaison de plusieurs enveloppes selon vos objectifs spécifiques.
Profil d'investisseur : adapter sa stratégie à sa tolérance au risque
Investir 200€ par mois nécessite une stratégie personnalisée selon votre capacité à supporter les fluctuations de marché et vos besoins financiers futurs. Votre profil de risque détermine la répartition optimale entre différents types d'actifs pour les dix prochaines années.
Définir son horizon de placement
Votre horizon de placement conditionne directement les choix d'investissement possibles. Avec un plan sur 10 ans, vous disposez d'un horizon long terme qui permet d'accepter une volatilité accrue en échange de rendements potentiels supérieurs.
Cette durée vous offre le temps nécessaire pour lisser les variations de marché. Les placements en actions, historiquement plus rentables sur des périodes étendues, deviennent accessibles même avec une sensibilité modérée au risque.
Vous devez toutefois identifier vos besoins de retrait anticipé. Si vous prévoyez mobiliser une partie des fonds avant 10 ans pour un projet immobilier ou autre, réservez une portion en placements de court terme plus stables. Cette approche garantit la disponibilité des sommes nécessaires sans subir de pertes liées à un retrait inopportun.
Évaluer et respecter sa tolérance au risque
Définir votre profil d'investisseur selon votre tolérance au risque constitue une étape incontournable avant tout placement. Votre tolérance au risque mesure votre capacité émotionnelle et financière à supporter des pertes temporaires.
Les profils s'échelonnent généralement de prudent à audacieux. Un profil prudent privilégie la stabilité avec 70-80% d'obligations et fonds monétaires. Un profil équilibré répartit à parts égales entre obligations et actions. Un profil audacieux accepte 70-90% d'actions pour maximiser le potentiel de croissance.
Votre situation personnelle influence directement ce choix. Votre âge, vos revenus stables, votre épargne de précaution existante et vos charges futures déterminent le niveau de risque acceptable. Une tolérance surestimée expose à des décisions émotionnelles pendant les baisses de marché, compromettant votre plan initial.
Répartir entre sécurité, liquidité et rendement
La répartition de vos 200€ mensuels doit équilibrer trois objectifs parfois contradictoires. Voici une allocation type selon votre profil :
| Profil | Fonds sécurisés | Actions/ETF | Liquidités |
|---|---|---|---|
| Prudent | 60-70% | 20-30% | 10% |
| Équilibré | 40-50% | 40-50% | 10% |
| Dynamique | 20-30% | 60-70% | 10% |
La liquidité représente votre capacité à récupérer rapidement vos fonds sans pénalité. Conservez toujours 10% en supports accessibles (livret A, fonds monétaires) pour gérer les imprévus sans toucher aux placements long terme.
Le rendement augmente avec le risque accepté. Les actions offrent historiquement 6-8% annuels contre 2-3% pour les obligations, mais avec des variations annuelles importantes. Votre stratégie d'investissement adaptée à votre profil doit refléter ce compromis entre croissance souhaitée et sommeil préservé.
Gestion du risque, fiscalité et frais : les points de vigilance à ne pas négliger
Investir 200€ par mois nécessite une attention particulière aux prélèvements fiscaux et aux coûts qui réduisent votre rendement net. La maîtrise de ces éléments détermine directement la performance réelle de votre portefeuille sur 10 ans.
Comprendre la fiscalité : flat tax, PFU et prélèvements sociaux
Vos gains en capital et dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé flat tax, au taux de 30%. Ce prélèvement se décompose en 12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux.
Vous pouvez choisir d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8%. Cette option s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année.
Les comptes-titres ordinaires subissent cette taxation dès la réalisation des plus-values. Le PEA offre une exonération d'impôt sur les gains après 5 ans de détention, seuls les prélèvements sociaux de 17,2% restant dus. L'assurance-vie bénéficie d'abattements après 8 ans : 4 600€ pour une personne seule et 9 200€ pour un couple.
Les intermédiaires financiers doivent vous informer sur l'impact fiscal de vos investissements avant toute souscription.
Perte en capital : comment limiter l'impact des marchés
La diversification constitue votre première protection contre la perte en capital. Répartir vos 200€ mensuels sur plusieurs classes d'actifs réduit l'exposition aux fluctuations d'un seul marché.
Les marchés actions peuvent subir des corrections de 20% à 40% lors de crises. Sur un horizon de 10 ans, ces baisses temporaires se résorbent généralement, à condition de maintenir votre stratégie d'investissement régulier.
Évitez de vendre lors des replis de marché. L'investissement programmé à montant fixe vous fait acheter plus de parts quand les prix baissent et moins quand ils montent. Cette mécanique atténue naturellement les effets de la volatilité.
Un portefeuille équilibré entre actions (60-70%) et obligations (30-40%) limite les variations brutales. Les fonds euros en assurance-vie garantissent votre capital mais offrent des rendements plus faibles, actuellement entre 2% et 3% annuels.
Surveiller les frais de gestion et d'enveloppe
Les frais de gestion grèvent directement votre performance sur 10 ans. Un ETF facture généralement entre 0,10% et 0,30% annuel, tandis qu'un fonds actif prélève 1,5% à 2,5%.
Impact des frais sur un investissement de 200€/mois pendant 10 ans :
| Type de frais | Taux annuel | Capital final (rendement 6%) |
|---|---|---|
| ETF | 0,20% | 32 850€ |
| Fonds actif | 2% | 30 200€ |
Les frais d'entrée, de sortie et d'arbitrage s'ajoutent aux frais de gestion. Privilégiez les enveloppes sans frais d'entrée et négociez les frais d'arbitrage si vous devez rééquilibrer votre portefeuille.
L'assurance-vie comporte des frais sur versements (0% à 5%), des frais de gestion annuels (0,5% à 1%) et parfois des frais d'arbitrage. Le PEA présente généralement des frais réduits : pas de frais de garde dans la plupart des banques en ligne.
Une stratégie fiscale bien pensée transforme un investissement moyen en opération rentable, tandis que négliger les frais réduit considérablement vos bénéfices attendus.
Optimiser et faire évoluer son plan sur 10 ans
Un investissement de 200€ par mois nécessite des ajustements réguliers pour maximiser les rendements. L'augmentation progressive des versements et le réinvestissement des gains permettent d'accélérer la croissance de votre patrimoine.
Réajuster ses versements et ses allocations
Votre situation financière évolue au fil des années. Augmentez votre versement mensuel de 200€ initial dès que vos revenus progressent, même de 20 à 50€ supplémentaires par mois.
Réévaluez votre allocation d'actifs tous les 18 à 24 mois. Si vous avez commencé avec 70% en fonds euros et 30% en unités de compte, ajustez progressivement vers 50/50 puis 40/60 après 5 ans. Cette optimisation fiscale devient plus importante à mesure que votre capital grandit.
Les dividendes et intérêts générés doivent être réinvestis automatiquement. Sur un PEA, cette capitalisation s'effectue sans friction fiscale, ce qui amplifie l'effet boule de neige sur la durée.
Profiter de l'effet de levier ou augmenter son apport
L'effet de levier immobilier transforme vos 200€ mensuels en capacité d'emprunt significative. Après 3 à 4 ans d'épargne régulière, vous disposez d'environ 7 200 à 9 600€ d'apport immobilier, suffisant pour un achat locatif avec financement bancaire.
Un crédit immobilier à 1,5% sur 20 ans avec 10 000€ d'apport permet d'acquérir un bien de 80 000 à 100 000€. Vos 200€ mensuels couvrent alors une partie des mensualités de crédit, le loyer payant le reste.
Stratégies d'augmentation progressive :
- Année 1-3 : 200€/mois en épargne financière
- Année 4-6 : 250€/mois après augmentation de salaire
- Année 7-10 : 300€/mois avec bonus réinvestis
Cette progression transforme un capital final de 24 000€ en plus de 35 000€ sur 10 ans, avant rendements.
Quand et comment arbitrer ses placements pour optimiser le rendement
Les arbitrages stratégiques doivent intervenir lors de déséquilibres importants de votre portefeuille. Si vos actions représentent 65% au lieu des 50% visés suite à une hausse des marchés, réallouez 15% vers des supports plus défensifs.
Évitez les arbitrages fréquents qui génèrent des frais inutiles. Deux à trois interventions par an suffisent, idéalement lors des revues annuelles ou semestrielles de votre portefeuille.
Signaux d'arbitrage à surveiller :
| Situation | Action recommandée |
|---|---|
| Écart allocation > 15% | Rééquilibrage immédiat |
| Rendement fonds euros < 1% | Transfert vers UC performantes |
| Plus-value latente > 30% | Sécurisation partielle des gains |
Profitez de la baisse des marchés pour renforcer vos positions en actions avec vos versements mensuels, une technique appelée "acheter la baisse" qui améliore votre prix de revient moyen.
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