Jeremy Salle

février 8, 2018

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En résumé : ouvrez un PEA en premier. Après 5 ans, vos gains échappent à l’impôt sur le revenu et ne supportent que 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 31,4 % sur un compte-titres. Le compte-titres devient utile ensuite, pour tout ce que le PEA n’accepte pas : actions hors Union européenne, obligations, ETF américains en direct. Pour la plupart des investisseurs particuliers, la bonne réponse n’est donc pas « l’un ou l’autre » mais « le PEA d’abord, le compte-titres en complément ».

Mise à jour : 31/08/2026

Vous hésitez sur l’enveloppe à privilégier selon votre horizon et votre montant ? Notre simulateur comparatif PEA / compte-titres calcule ce que vous conservez réellement après fiscalité dans chaque cas.

Le Plan d’Epargne en Actions (PEA) et les comptes titres sont deux des moyens d’investir en bourse. S’ils permettent tous deux d’acheter et de gérer différents produits financiers, leurs différences notamment au niveau de la fiscalité sont toutefois bien marquées et nécessitent quelques explications.

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PEA ET PEA-PME

Les Plans d’Épargne en Actions (PEA) sont des compte-titres destinés à investir dans des valeurs boursières avec des conditions fiscales avantageuses.

Investir avec une fiscalité favorable dans le PEA

Les Plan d’Epargne en Actions permettent notamment d’acheter et de vendre des titres sans payer d’impôt et, en cas de retrait du plan après 5 ans, de bénéficier d’une exonération de l’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux sont dus.

Pour vos placements, vous pouvez opter pour :

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) classique

Le Plan d’Epargne en Actions classique permet d’acquérir des titres d’entreprises européennes. Le plafond de versement est limité à 150 000 €. Une fois ce plafond de versement atteint, il n’est plus possible d’effectuer de nouveaux versements et seuls la vente de titres ou les dividendes perçus, permettent de continuer à investir et de dépasser le montant du plafond.

Le Plan d’Épargne en Actions dédié aux PME et ETI

Le compte PEA-PME permet d’acquérir des titres de Petites et Moyennes Entreprises (PME) ainsi que d’Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI). Le plafond de versement est limité à 75 000 €.

Chaque contribuable peut détenir un seul PEA et un seul PEA-PME.

Les Plans d’Epargne en Actions classiques et ceux dédiés aux PME et ETI disposent des mêmes règles de fonctionnement et des mêmes avantages fiscaux. Seuls les plafonds de versement et les titres éligibles diffèrent.

Le PEA est certainement le meilleur outil pour investir en Bourse et limiter l’imposition. Son régime fiscal avantageux fait de lui le parfait partenaire pour acquérir des titres. Si l’on a une stratégie d’investissement en Bourse à moyen ou long terme (10 ans à 30 ans), il est possible de transformer un capital de départ assez faible en un gros montant, notamment en investissant dans des actions à dividendes mais aussi dans des ETF. Les dividendes cumulés permettent de gommer les années de baisses et d’avoir un portefeuille en quasi constante hausse.

Le seul inconvénient du PEA est qu’il se limite aux valeurs boursières européennes. Il n’est donc pas possible d’acquérir des titres sur le marché américain, sauf en passant par certains ETF qui incluent des sociétés américaines par exemple.

COMPTE-TITRES

Le compte-titres ordinaire est un support qui permet d’acheter ou de vendre des instruments financiers, d’investir dans des valeurs mobilières sur les principales bourses françaises, européennes ou internationales.

L’avantage du compte-titres ordinaire est qu’il peut accueillir tous types de titres (actions, obligations, OPCVM, CFD, Warrants, Turbos, Certificats, Trackers…).

Pour la nature de votre compte, vous pouvez opter pour un compte:

  •  « individuel » : compte-titres ouvert au nom d’une seule personne physique.
  •  « joint entre époux » ou « joint PACS » : compte-titres ouvert au nom de plusieurs personnes physiques qui ont chacune pleine capacité sur le compte et qui sont entièrement solidaires.
  • « en indivision » : compte-titres au nom de plusieurs personnes (indivisaires) et pour lequel la signature de chaque indivisaire est nécessaire pour pouvoir agir sur le compte.

Vous pouvez ouvrir autant de comptes-titres ordinaires auprès d’autant d’intermédiaires financiers que vous le souhaitez et ce, quel que soit votre âge. Le compte-titres n’a pas de plafond.

Contrairement au Plan d’Epargne en Actions, vous ne bénéficiez d’aucun avantage fiscal mais le compte-titres ordinaire vous permet d’investir comme vous le souhaitez, vous n’avez aucune durée minimale d’engagement et vos placements sont disponibles à tout moment.

Si le compte titres ne bénéficie d’aucun avantage fiscal, il est très utile pour acquérir des titres, notamment des titres non européens, chose que le PEA ne permet pas. De plus, si la fiscalité s’applique immédiatement sur les dividendes perçus, ces derniers permettent chaque année, chaque trimestre ou chaque mois d’obtenir des revenus complémentaires passifs. C’est une bonne façon de diversifier ses sources de revenus et de jouir de celle-ci immédiatement via les dividendes perçus.

Comment ouvrir un compte titre ou un PEA ?

Pour ouvrir un PEA, il vous suffit de vous rendre dans votre banque et d’ouvrir un plan d’épargne en actions auprès de votre conseiller bancaire. Vous avez également la possibilité d’en ouvrir un directement en ligne et de vous éviter le déplacement.

Le compte titres peut également s’ouvrir auprès de votre banque, avec votre conseiller bancaire ou également en ligne. En revanche, si vous voulez limiter les frais notamment lors de passages d’ordres, il est recommandé de passer par un courtier en ligne qui prendra moins de frais pour chaque opération réalisée. Des courtiers comme Binck, ou etoro par exemple vous permettent d’investir en limitant les frais. Les banque en ligne comme Boursorama proposent des frais réduits pour les passages d’ordres par rapport aux banques traditionnelles comme BNP, Société Générale, LCL, Crédit Agricole, … Ces frais qui s’appliquent pour chaque ordre, à l’achat comme à la vente, peuvent énormément impacter la performance de votre portefeuille sur le court comme le long terme.

Tableau comparatif entre PEA vs compte-titres

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Mécaniquement, les prélèvements sociaux sont passés de 17,2 % à 18,6 %, et la flat tax de 30 % à 31,4 %.
Le PEA est concerné par cette hausse. Après 5 ans, ses gains restent exonérés d’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux dus à la sortie s’établissent désormais à 18,6 %. L’assurance-vie, elle, a été explicitement exclue de la mesure et conserve des prélèvements sociaux à 17,2 %.
Cette hausse ne remet pas en cause l’intérêt du PEA : l’écart avec le compte-titres reste de 12,8 points, soit exactement la part d’impôt sur le revenu dont le PEA vous dispense.

L’écart en euros

Prenons 10 000 € de plus-value réalisée après 5 ans de détention.

Soit 1 280 € d’écart, pour un placement strictement identique. Sur un portefeuille qui grossit pendant vingt ans, cet écart se cumule à chaque arbitrage et devient considérable.

Aidez vous de notre simulateur d’intérêts composés pour projeter l’écart sur la durée.

Ce que le PEA ne permet pas

Le PEA n’est pas une enveloppe universelle, et c’est la vraie raison d’ouvrir un compte-titres.

Les actions hors Union européenne. Apple, Microsoft, Nvidia, les valeurs japonaises ou suisses : rien de tout cela n’entre dans un PEA en direct. Vous pouvez contourner partiellement la limite avec des ETF à réplication synthétique éligibles au PEA, qui reproduisent la performance d’indices mondiaux ou américains, mais l’univers reste plus étroit et les frais souvent supérieurs.

Les obligations. Le PEA est réservé aux actions et aux fonds majoritairement investis en actions. Pour construire une poche obligataire, il faut un compte-titres ou une assurance-vie.

Les produits dérivés et le levier. Turbos, warrants, CFD, vente à découvert : le compte-titres est la seule enveloppe qui les accepte.

Le dépassement du plafond. À 150 000 € de versements, le PEA est plein. Les gains peuvent continuer de croître à l’intérieur, mais vous ne pouvez plus alimenter le plan. Le compte-titres prend alors le relais sans limite.

Les 3 situations concrètes

Vous débutez en bourse

Ouvrez un PEA, uniquement. Prenez date le plus tôt possible : le compteur des 5 ans démarre à l’ouverture, pas au premier versement. Un PEA ouvert avec 10 € aujourd’hui vous fait gagner cinq ans de maturité fiscale, même si vous n’investissez réellement que dans deux ans. C’est probablement le meilleur rapport effort/bénéfice de toute la gestion de patrimoine.

Votre PEA approche du plafond

À 150 000 € de versements cumulés, ouvrez un compte-titres pour la suite. Vous pouvez aussi envisager un PEA-PME, dont le plafond s’ajoute à celui du PEA (pour atteindre 225 000€), mais l’univers d’investissement y est nettement plus restreint et plus risqué.

Vous voulez vous exposer hors Europe

Deux options. Les ETF synthétiques éligibles au PEA vous donnent accès aux grands indices internationaux tout en conservant l’avantage fiscal, c’est la solution la plus simple. Le compte-titres vous donne l’accès direct aux titres, avec une fiscalité plus lourde mais aucune contrainte de sélection. Le bon arbitrage dépend de la part que cette exposition représente dans votre portefeuille.

Le débat « PEA ou compte-titres » est mal posé. Les deux enveloppes ne s’opposent pas, elles se succèdent : le PEA d’abord pour son avantage fiscal, le compte-titres ensuite pour ce qu’il autorise en plus.

Une seule chose est vraiment urgente : ouvrir votre PEA pour prendre date. Tout le reste peut attendre.

Et avant d’investir en bourse, assurez-vous que la base est en place. Une épargne de précaution disponible sur des livrets réglementés vient toujours en premier — voici comment arbitrer entre Livret A et LDDS. Pour situer ces enveloppes parmi les autres options d’investissement, consultez notre panorama des produits financiers. Et si vous êtes prêt à passer vos premiers ordres, notre guide des ordres de bourse explique les différents types et leurs usages.

FAQ

Peut-on avoir un PEA et un compte-titres en même temps ? Oui, et c’est même la configuration la plus courante chez les investisseurs expérimentés. Les deux enveloppes sont complémentaires : le PEA pour les actions européennes en fiscalité allégée, le compte-titres pour tout le reste.

Que se passe-t-il si je retire de l’argent de mon PEA avant 5 ans ? Le retrait entraîne en principe la clôture du plan, et les gains sont imposés à 31,4 %. Quelques situations permettent un retrait anticipé sans clôture, notamment le licenciement, l’invalidité ou la mise à la retraite anticipée.

Le PEA est-il vraiment sans impôt après 5 ans ? Non, et c’est une confusion fréquente. Après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux, portés à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.

Combien de PEA peut-on ouvrir ? Un seul par personne. Un couple marié ou pacsé peut donc en détenir deux, soit 300 000 € de versements possibles au total.

Faut-il transférer son PEA pour changer de courtier ? Oui, le transfert est possible et préserve l’antériorité fiscale du plan. Il est en revanche souvent facturé par la banque de départ, et les frais peuvent être significatifs.

A lire aussi: Les livrets et comptes d’épargne

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J Jérémy

Jérémy

Coach financier & investisseur — Fondateur de Finances Indépendantes

Jérémy accompagne particuliers, professionnels et investisseurs dans la compréhension et la structuration de leurs finances personnelles, à travers des articles, des formations, du coaching et des simulateurs gratuits sur Finances Indépendantes.

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